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Une lettre du ministre

Nous avons reçu, du cabinet du ministère de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement une lettre qui commence comme ça :

Vous qui êtes gestionnaire ou Président d'association, [...], merci de votre engagement pour l'emploi qui vous a fait recruter dans le passé des personnes sous contrat aidé, des contrats emploi solidarité, mais aussi des contrats emploi consolidés ou des emplois jeunes.

[...]

Le contrat d'avenir tire les conséquences des expériences passées, pour chaque fois intégrer le meilleur des dispositifs que vous avez connu.

Et ça se termine comme ça :

Nous réussirons ensemble car nous partageons la conviction que nous pouvons servir l'emploi et ceux qui en ont besoin, notre pays et sa cohésion

Ensemble nous pouvons le faire

Jean Louis Borloo.

Forcément, recevoir une telle lettre quand on a tellement de difficultés que l'on est en train de renoncer à la partie professionnelle de l'association, que l'on demande à interrompre un dispositif de poste aidé (dispositif régional il est vrai), c'est un petit peu difficile. Je repense à cette tribune parue dans Libération que je vous avait mise en lien, et je me dis que le problème, ce n'est pas tellement les emplois aidés, emplois précaires de toutes façon, emplois qui sont difficiles à tenir tant pour l'association qui emploie que pour le salarié, que la reconnaissance et les moyens mis dans le travail associatif lui même.

Nous en parlions en mai avec le responsable du festival de Caen. Il ne fonctionne qu'avec des bénévoles. Outre les difficultés administratives qui se posent lors d'une embauche, il y a la nécessité d'avoir un fonctionnement solide, un local correct obéissant aux règles de sécurité et de droit du travail, ce qui a un coût. Un coût qui n'est pas pris en compte dans les dispositifs actuels. Il y aurait aussi la nécessité d'une trésorerie solide, chose exceptionnelle dans le milieu associatif. Cela éviterait de passer son temps à se demander comment boucler les fins de mois. Et puis, il y a le fait de faire cohabiter au sein de l'association un salarié et les bénévoles. Pas facile pour une association qui se lance dans l'aventure. Quels bénévoles acceptent de se coltiner avec les impératifs et les responsabilités d'un tel engagement ?

Tel que je le vois aujourd'hui, à la lumière de nos expériences douloureuses, la cohésion dont parle le ministre, elle n'est pas tant dans l'inscription d'un salarié dans le projet de l'association que dans l'inscription du projet de l'association dans une politique plus large des pouvoirs publics en faveur du sport, de la culture, de l'éducation, du social, de ce que l'on voudra.

A quoi bon aider à la création de postes si l'on ne donne pas le moyen des actions ? Si l'on ne soutien pas le fonctionnement ? Si l'on encourage pas le développement ? Si ce n'est pas un véritable partenariat qui fait fonctionner les associations et les directions sectorielles ? Si ce n'est pas une volonté commune d'action dans tel ou tel secteur ? Les associations ne sont elles qu'un moyen commode de caser des personnes pour faire baisser les chiffres du chômage ? C'est une question.

Commentaires

  • Vincent, n’ai aucune inquiétude, ta réponse à cette lettre de M. Borloo est très polie, très correcte (ce dernier mot étant pris dans tous les sens du terme).
    Et même, on aimerait être un peu plus mordant, bousculer davantage ce gros tas de petits ministres ; mais « ils » seraient capables de nous rajouter une couche supplémentaire de tracasseries administratives.
    Après le droit de vote, à quand celui de pousser une vraie gueulante ? De tout étaler sur la place publique ? Le droit de divulguer le fonctionnement réel de nos institutions, que l’on nous présente comme la panacée en matière de Cohésion Sociale ?
    Notez les majuscules dont j’ai orné ce curieux intitulé : nos dictionnaires nous enseignent que « cohésion » induit la notion d’organisation logique.
    Logique notre société ? Mmmmh…

  • Moi, je ne réponds pas, je suis dans son fan-club, à Jean-Louis...

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