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  • Le court de la semaine

    Peace and love de Élisabeth Vissio – Images : Antoine Banni - Décors : Gisèle Henriot – Avec Antoine Banni, Philippe Frey, Gisèle Henriot, Joel Main, Jerome Panaget, Marianne Phillips, Elisabeth Vissio.

    Collection tourné-monté Regard Indépendant 2010  "La première fois". Version remontée, super 8 et vidéo.

    Un homme, Jhon a fait une rencontre intéressante, une fille, Alcantara, jolie et sympa. Il voudrait sortir avec elle et possiblement plus ... donc il lui propose un après midi avec ses copains, chez l'un deux.

    L'ambiance est rigolotte, pas mal de blagues entre eux et puis ils sont très cool, assez hippies. La fête commence : boissons, apéritifs, vins, whisky, buffets.

    Dans une ambiance relachée, Jhon propose à Alcantara de l'herbe, celle-ci qui en a jamais pris, et qui est opposée aux drogues, fait de la résistance. Mais l'ambiance est si détendue, les copains et les copines sont si sympas et ouverts que...
  • Panahi-Rasoulof : l'action se poursuit

    Les neuf associations niçoises mobilisées en soutien des cinéastes Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof avaient promis de poursuivre leur action après l'immense succès du week-end des 7-8 et 9 janvier au cinéma Mercury.

    Deux courriers ont été rédigés par le collectif.

    Le premier est adressé à Monsieur Seyed Mehdi Miraboutalebi, ambassadeur de la République Islamique d'Iran en France dans lequel nous l'informons de l'initiative prise et de son succès tout en exigeant, bien entendu, la libération immédiate des deux cinéastes.
    Le deuxième courrier est envoyé au Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, propriétaire du cinéma Mercury et député, Monsieur Eric Ciotti. Nos associations lui demandent de bien vouloir accéder à notre demande d'un geste fort : la permanence d'un film de Panahi ou Rasoulof dans la programmation du Mercury jusqu'à la libération des deux hommes.

    Dès lundi 24, nous avons lancé une nouvelle initiative dirigée vers nos amis associatifs de plusieurs villes du département à qui nous proposons de répéter dans leur ville, avec nous, en totalité ou en partie, l'opération que nous avons menée les 7, 8 et 9 janvier dernier.

    La dénonciation par le gouvernement du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad de la condamnation imposée à Panahi et Rasoulof par la justice iranienne  confirme notre analyse d'une situation complexe et ouvre peut-être de nouvelles perspectives de développement de l'affaire et quelques espoirs. Nous y reviendrons très bientôt plus en détails.

    Merci pour votre soutien et, si vous ne l'avez pas encore fait, n'oubliez pas de signer la pétition en ligne : http://www.ipetitions.com/petition/solidarite-jafar-panahi/

    Associations signataires :

    • Cinéma sans Frontières (CSF)
    • Regard Indépendant
    • Association pour la Démocratie à Nice (ADN)
    • Héliotrope
    • Polychromes
    • Amnesty International – Nice
    • Les Ouvreurs
    • Espace de Communication Lusophone
    • Les Méduses


    Contact :

    Philippe Serve, Président de CSF

    pserve@club-internet.fr

    04 93 52 31 29 / 06 64 88 58 15

  • Le court de la semaine

    Coupe du monde, une fantaisie futebalistique de Vincent Jourdan - 2010 - Tourné-monté hors série produit par Regard Indépendant - Bande sonore : Vincent Jourdan et Xavier Ladjointe – Avec les footeux du milieu associatif niçois.

    Été 2010, durant la coupe du monde de football, il y a encore des vrais passionnés qui mouillent leur maillot à l'invitation de l'association Héliotrope.

  • "Dégonflé" les images

    Et voici quelques images du film de Xavier ladjointe, Dégonflé, que vous pourrez découvrir en avant-première ce vendredi 21 janvier à la Providence. Avec Marie-Jo Gonzales, Jean-Loup Manassero, Pascal Mercier et Claire Escargueil.

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  • Le court de la semaine

    JsDream.6 de Feyyaz – Musique de Dürbeck & Dohmen - 2.30 min (Köln—Allemagne) avec Julia-Maria Köhler.

    Un portrait de Julia-Maria Köhler.

    Prix du jury, 12e Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice 2010.

  • 21 janvier, soirée projections à La Providence

    Regard Indépendant en partenariat avec la Semeuse propose

    Une soirée super 8, cinéma et vidéo – Projection à la Providence

    Vendredi 21 janvier 2011 à 19h30
    Centre Culturel de la Providence
    (8 bis rue Saint Augustin) - Vieux Nice

    PAF : 3 € avec 1 consommation

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    19 h 30 Film(s) surprise.

    20 h 00 Avant première du film Dégonflé

    France / 2010 / Un film de Xavier Ladjointe - Chef opérateur : Nicolas Blanchard - Ingénieur son et mixage son: Pierre Brindjonc - Montage : Stéphane Coda - Durée : 10 min.
    Avec Marie-Jo Gonzalez, Jean-Loup Manassero, Claire Escargueil, Pascal Mercier.
    Violaine rentre d’un dîner de travail en compagnie de son mari et de leur fille de 8 ans. Son mari emmène l’enfant se coucher, tandis qu'elle essaye de retrouver sa boucle d’oreille dans leur voiture. C’est alors qu’elle surprend en flagrant délit un jeune homme menaçant en train de dégonfler le pneu de leur véhicule…

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    20 h 10 Aux Ponchettes (carnet niçois)

    France / 2009 / Un film d'Eric Quéméré – Durée : 48 min.
    Aux Ponchettes est le journal filme d’un étudiant en cinéma qui se rend a Nice pour y chercher les décors de « La Baie des Anges », de Jacques Demy. C’est aussi pour lui l’occasion de renouer avec son histoire familiale.
    Filmer la ville comme un espace de vie pour les hommes, du matin au coucher du soleil. Filmer la ville comme un pretexte pour revenir aux sources, et se plonger dans ses souvenirs. « Un film, c’est tout sauf du vrai » s’interroge le cinéaste d’Aux Ponchettes.

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    21 h 30 Straight 8 2010

    Retour au super 8 en tourné-monté avec un classique et classieux programme des anglais de Straight8. Après la première mondiale au festival de Cannes en mai et les deux sélections de novembre, voici une dernière dizaine inédite des meilleurs films super 8 de l’association anglaise, cru 2010. Invention, pellicule, folie douce, musique et cinéma.
    En prime, Eli de Leanne Flinn, prix du jury section internationale aux 11e Rencontres Cinéma et vidéo à Nice

    Durée : 30 minutes environ

     

    Visuel : IllysPoulpfiction

    Renseignements :
    www.regardindependant.com
    06 23 07 83 52

  • Pour Mohammad Rasoulof

    Texte de présentation de la séance du dimanche 9 janvier 2011

    Vous allez assister à une séance très particulière de cette série de projections de soutien aux cinéastes iraniens récemment condamnés puisqu'il s'agit de celle consacrée à Mohammad Rasoulof, réalisateur, scénariste et producteur dont nous allons vous présente le seul film disponible en France à notre connaissance : Jazireh ahani (La vie sur l'eau.)

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    Quand Philippe Serve de Cinéma Sans Frontières, le grand architecte de ces journées, m'a proposé d'animer la présentation de ce film, j'ai tout de suite accepté. Je ne connaissais pas du tout Mohammad Rasoulof ni son travail et à Regard Indépendant, nous adorons montrer des films que nous ne connaissons pas de gens qui sont peu ou pas connus, de Jérémie à Lenoir à Gérard Courant en passant par Jean Rollin.

    Je pense que nombre d'entre vous êtes dans mon cas aussi nous allons faire connaissance avec ce jeune réalisateur. Il est né en 1973 à Shiraz, une ville assez importante du sud ouest iranien. 6e ville du pays, elle a été brièvement capitale de la Perse au XVIe siècle. Rasoulof y fait des études de sociologie puis bifurque vers le montage qu'il étudie à l'université Sooreh de Téhéran.

    De 1991 à 1999, il réalise 6 courts métrages proches du documentaire puis en 2002 un premier long Gagooman que l'on trouve sous le titre anglais the twilight, le crépuscule, mais n'est pas sortit en France à notre connaissance. Le film suivant est celui que nous allons voir et qui le révèle au niveau international. : Jazireh ahani (la vie sur l'eau) en 2005 circule dans les festivals (primé à Telluride, Karlovy Vary et Toronto). En France, il fait partie de la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. Il est également disponible en DVD.

    Mohammad Rasoulof revient au documentaire en 2008 avec Baad-e-daboor, un moyen métrage sur un sujet très sensible : L'accès à Internet et les antennes paraboliques en Iran qui sont un enjeu entre le pouvoir et la population, le premier cherchant à contrôler ce que voit la seconde et la seconde ayant développé une véritable économie parallèle, installant du matériel non bridé avec de grands risques, comme on a pu le voir dans le film de Saman Salour : Taraneh Tanhayie Tehran (Le chant solitaire de Téhéran - 2008). C'est bien sûr un film critique sur la gestion des media par la pouvoir.

    Il aide ensuite le jeune cinéaste Vahid Vakilifar en produisant le film Gesher.

    En 2009 suit un nouveau long métrage, Keshtzar haye sepid dont le titre anglais est The white meadow, la prairie blanche. Le sujet du film, plutôt poétique est très intriguant puisqu'il s'agit d'un homme chargé de recueillir les larmes des habitants d'un groupe d'iles. Le film se fait dans des conditions difficiles, à la fois logistiques (lieux de tournage) et à cause de la pression de la censure qui s'inquiète de la charge critique du film et refuse les permissions de tournage, situation que Jafar Panahi a dénoncée par ailleurs.

    Achevé, le film commence à circuler dans les festivals européens. Lors de la projection en sélection officielle au festival de San Sebastian, Rasoulof critique le régime. Nous sommes en plein pendant la période des élections truquées de 2009. Son intervention est particulièrement mal vue à Téhéran. On lui refuse d'aller à Berlin présenter son film et il est arrêté avec Panahi le 1er mars 2010. Ensemble, ils préparaient un film inspiré des événements politiques consécutifs aux dernières élections iraniennes. Sont également arrêtés une quinzaine de personnes dont le directeur de la photographie de Rasoulof : Ebrahim Ghafori. Rasoulof est libéré assez rapidement contrairement à Panahi qui est retenu juste ce qu'il faut pour qu'il n'aille pas à Cannes occuper son poste de juré.

    En décembre, Rasoulof est condamné. Le verdict retient deux motifs : une peine de 5 ans de prison pour “assemblée et collusion contre la sécurité nationale”, et une autre d’un an de prison pour “perturbation de l’opinion publique en faisant un film sans autorisation”.

    Dans l'exposition médiatique qui suit cette histoire, Jafar Panahi est mis en avant : il a son renom international, les larmes de Binoche, le siège vide de juré à Cannes. On a tendance pour le grand public à reléguer Rasoulof à deux ligne. Il est « le cinéaste également arrêté en sa compagnie ». Il ne s'agit bien évidemment pas d'opposer deux hommes qui partagent les mêmes engagements et subissent les mêmes peines, mais était important de bien les associer dans les actions de soutien.

    Comme le rappelait Philippe en ouverture de ces journées, la censure envers le cinéma, et les autres arts, a toujours existé. C'est un rapport de force ou le pouvoir tente d'empêcher que les choses soient dites ou montrées. Lutter contre cela, c'est faire en sorte que l'on montre ce que l'on veut nous cacher, les œuvres, et c'est là je pense que nous trouvons, associations cinéphiles, notre légitimité.

    Avec mon optimisme proverbial, je dirais qu'en faisant connaître Mohammad Rasoulof et en montrant son film, nous remportons une victoire, toute modeste soit elle, sur le pouvoir qui voudrait qu'on l'ignore. Pour les prisonniers d'opinion, les prisonniers politiques, il est important qu'on dise leur nom et que l'on parle d'eux, ceux qui meurent, ce sont ceux que l'on oublie.

    Et concernant les œuvres, les censure peuvent remporter des victoires, parfois douloureuses, mais elles ne gagnent pas tant qu'il y a des gens qui bataillent pour montrer. Pour rester en France, c'est vrai que la censure à interdit, saisi le film de Paul Carpita Le rendez-vous des quais  (1953). Mais le film a été retrouvé, restauré, montré enfin, et Paul a encore pu faire deux longs métrages. Aujourd'hui le film fait partie de la grande histoire du cinéma.

    Il y a une chanson américaine populaire que j'aime bien, Streets of Laredo. C'est l'histoire des dernières volontés d'un cow-boy blessé à mort. Il dit : « Écrivez à ma mère... Ne mentionnez pas le nom de celui qui m'a tué et son nom disparaitra. ». Nous sommes ici pour dire et redire les noms de Rasoulof et Panahi, et que l'on oublie ceux de leurs juges.

    Bonne projection.

  • Jafar Panahi à ses juges

    Le plaidoyer de Jafar Panahi tramsmis à Serge Toubiana, Directeur général de la Cinémathèque française, par un journaliste.

    Votre honneur, Monsieur le Juge, permettez-moi de présenter mon plaidoyer en deux parties distinctes.

    Première partie : Ce qu’on dit

        Ces derniers jours, j’ai revu plusieurs de mes films favoris de l’histoire du cinéma, malgré le fait qu’une grande partie de ma collection ait été confisquée durant le raid qui a eu lieu dans la nuit du 19 février 2009 à mon domicile. En fait, Monsieur Rassoulof et moi-même étions en train de tourner un film du genre social et artistique, quand les forces qui proclamaient faire partie du ministère de la Sécurité, sans présenter aucun mandat officiel, nous ont arrêtés ainsi que tous nos collaborateurs, et du même coup confisqué tous mes films, qu’ils ne m’ont jamais restitués par la suite. Par la suite, la seule allusion jamais faite à ces films était celle du Juge d’instruction du dossier : « Pourquoi cette collection de films obscènes ? »

        J’aimerais préciser que j’ai appris mon métier de cinéaste en m’inspirant de ces mêmes films que le juge appelait « obscènes ». Et, croyez-moi, je n’arrive pas à comprendre comment un tel adjectif peut-il être attribué à des films pareils, comme je n’arrive pas à comprendre comment on peut appeler « délit criminel » l’activité pour laquelle on veut me juger aujourd’hui. On me juge, en fait, pour un film dont moins d’un tiers était tourné au moment de mon arrestation. Vous connaissez certainement l’expression qui dit : ne dire que la moitie de la phrase : « il n’y a point de Dieu que dieu le grand » est synonyme de blasphème. Alors, comment peut-on juger d’un film avant qu’il soit même fini ?
        
        Je n’arrive à comprendre ni l’obscénité des films de l’Histoire du cinéma, ni mon chef d’accusation. Nous juger serait juger l’ensemble du cinéma engagé, social et humanitaire iranien ; le cinéma qui a la prétention de se placer au-delà du bien et du mal, le cinéma qui ne juge pas et qui ne se met pas au service du pouvoir et de l’argent, mais qui fait de son mieux afin de rendre une image réaliste de la société.
        
        On m’accuse d’avoir voulu promouvoir l’esprit d’émeute et de révolte. Cependant, tout au long de ma carrière de cinéaste, j’ai toujours réclamé être un cinéaste social et non politique, avec des préoccupations sociales et non politiques. Je n’ai jamais voulu me placer en position de juge et de procureur ; je ne suis pas cinéaste pour juger mais pour faire voire ; je ne tiens pas à décider pour les autres ou leur prescrire quoi que ce soit. Permettez-moi de redire que ma prétention est de placer mon cinéma au-delà du Bien et du Mal. Ce genre d’engagement nous a souvent coûté, à mes collaborateurs et à moi-même. Nous avons été frappés par la censure, mais c’est une première que de condamner et d’emprisonner un cinéaste afin de l’empêcher de faire son film ; et il s’agit d’une première aussi que de rafler la maison dudit cinéaste et de menacer sa famille pendant son « séjour » en prison.
        
        On m’accuse d’avoir participer aux manifestations. La présence des caméras était interdite durant ces démonstrations, mais on ne peut pas interdire aux cinéastes d’y participer. Ma responsabilité en tant que cinéaste est d’observer afin de pouvoir un jour en rendre compte.
        
        On nous accuse d’avoir commencé le tournage sans avoir demandé l’autorisation du gouvernement. Dois-je vraiment préciser qu’il n’existe aucune loi promulguée par le parlement concernant ces autorisations. En fait, il n’existe que des circulaires interministérielles, qui changent au fur et à mesure que les vice-ministres changent.
        
        On nous accuse d’avoir commencé le tournage sans avoir donné le scénario aux acteurs du film. Dans notre genre du cinéma, ou on travaille plutôt avec des acteurs non professionnels, c’est une manière de faire très courante pratiquée par presque tous mes collègues. Un chef d’accusation pareil me semble relevé plutôt du domaine de l’humour déplacé que du domaine juridique.
        On m’accuse d’avoir signé des pétitions. J’ai en fait signé une pétition dans laquelle 37 de nos plus importants cinéastes déclaraient leur inquiétude quant à la situation du pays. Malheureusement, au lieu d’écouter ces artistes, on les accuse de traîtrise ; et pourtant, les signataires de cette pétition sont justement ceux qui ont toujours réagi en premier aux injustices dans le monde entier. Comment voulez-vous qu’ils restent indifférents à ce qui se passe dans leur propre pays ?
        
        On m’accuse d’avoir organisé les manifestations autour du Festival de Montréal ; cette accusation n’est basée sur aucune logique puisque, en tant que directeur du jury, je n’étais à Montréal que depuis deux heures quand les manifestations ont commencé. Ne connaissant personne dans cette ville, comment aurais-je pu organiser un tel événement ? On ne tient pas à s’en souvenir peut-être, mais durant cette période, partout dans le monde où il se passait quelque chose, nos compatriotes se rassemblaient afin d’exprimer leurs demandes.
        
        On m’accuse d’avoir participer aux interviews avec les médias de langue persane basés à l’étranger. Je sais qu’il n’existe aucune loi interdisant un tel acte.

    Deuxième partie : Ce que je dis

        L’artiste incarne l’esprit d’observation et d’analyse d’une société à laquelle il appartient. Il observe, analyse et essaie de présenter le résultat sous la forme d’une œuvre d’art. Comment peut-on accuser et incriminer qui que se soit en raison de son esprit et de sa façon de voir les choses ? Rendre les artistes improductifs et stériles est synonyme de détruire toutes formes de pensée et de créativité. La perquisition effectuée chez moi et l’emprisonnement de mes collaborateurs et de moi-même, représentent le raid du pouvoir effectué contre tous les artistes du pays. Le message convié par cette série d’actions me paraît bien clair et bien triste : qui ne pense pas comme nous s’en repentira…
        En fin de compte, j’aimerais aussi rappeler à la cour une autre ironie du sort me concernant : en fait, l’espace consacré à mes prix internationaux au musée du cinéma à Téhéran est plus grand que l’espace de ma cellule pénitentiaire.
        
        Quoi qu’il en soit, moi Jafar Panahi, déclare solennellement que malgré les mauvais traitements que j’ai dernièrement reçus dans mon propre pays, je suis Iranien et que je veux vivre et travailler en Iran. J’aime mon pays et j’ai déjà payé le prix de cet amour. Toutefois, j’ai une autre déclaration à ajouter à la première : mes films étant mes preuves irréfutables, je déclare croire profondément au respect des droits d’autrui, à la différence, au respect mutuel et à la tolérance. La tolérance qui m’empêche de juger et de haïr. Je ne hais personne, même pas mes interrogateurs puisque je reconnais ma responsabilité envers les générations à venir.
        
        L’Histoire avec un grand H est bien patiente ; les petites histoires passent devant elle sans se rendre compte de leur insignifiance. Pour ma part, je m’inquiète pour ces générations à venir. Notre pays est bien vulnérable et c’est seulement l’instauration de l’état de droit pour tous, sans aucune considération ethnique, religieuse ou politique, qui peut nous préserver du danger bien réel d’un futur proche chaotique et fatal. A mon avis, la Tolérance est la seule solution réaliste et honorable à ce danger imminent.
        
        Mes respects, Monsieur le Juge,
        Jafar Panahi, cinéaste iranien

  • 7-9 janvier : manifestation de soutien à Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof

    (Mise à jour)

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    Plusieurs associations cinéphiliques niçoises et Amnesty International organisent les 7, 8 et 9 janvier au cinéma Mercury à Nice, des journées de soutien aux cinéastes iraniens Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof.

    Les deux réalisateurs ont été condamnés voici quelques jours par la justice de leur pays à six ans d’emprisonnement, Jafar Panahi se voyant de plus interdit de tournage, de voyage à l’étranger et d’interviews pour une période de vingt ans, autrement dit pour le restant de sa vie professionnelle. Le chef d’accusation – « participation à des rassemblements et propagande contre le régime » - ne tient évidemment pas la route et ne fait que renforcer l’absurdité et l’inanité du jugement. A travers ces deux cinéastes, c’est toute la liberté artistique du cinéma iranien qui est aujourd’hui, plus que jamais, menacée de disparaître.

    Le milieu du cinéma international a aussitôt réagi en exigeant la libération immédiate et inconditionnelle des deux cinéastes. Les associations signataires de ce texte croient à la nécessaire liberté critique de l’artiste où qu’il se trouve et ont résolument décidé de se mobiliser pour faire entendre la voix de ceux que l’on cherche à bâillonner définitivement. Et parce que nous pensons que la meilleure arme d’un artiste est son oeuvre, nous avons choisi de diffuser les cinq long-métrages de Jafar Panahi, tous multi-primés, et le dernier en date de Mohammad Rasoulof. Six films qui  bénéficieront d’autant de présentations et seront systématiquement suivis de débats avec le public.

    Nous appelons donc le public à venir manifester leur soutien à ces deux cinéastes.

    Associations signataires :

    Cinéma sans Frontières (CSF)

    Regard Indépendant

    Association pour la Démocratie à Nice (ADN)

    Héliotrope

    Polychromes

    Amnesty International – Nice

    Les Ouvreurs (In&Out)

    Cinéma Lusophone

    Les Méduses

    Chaque film sera précédé d'une présentation et suivi d'un débat avec le public.

    Pétition à signer : Cliquer ICI

    Cinéma Mercury

    16 place Garibaldi

    06300 Nice

    Contacts :

    Regard Indépendant : 06 23 07 83 52

    CSF : 04 93 52 31 29 / 06 64 88 58 15

    Mercury : 08 92 68 81 06

    PROGRAMME

    Programme complet à télécharger en haut à droite avec un texte de Philippe Serve sur Jafar Panahi qui paraîtra vendredi sur Inisfree.

    Vendredi 07 janvier

    18h30 -  Le Ballon Blanc (1995, 1h25). Animation : Philippe Serve (CSF).

    21h15 - Le Miroir (1996, 1h33, vostf) de Jafar Panahi. Animation : Laurent Trémeau (Héliotrope).

    Samedi 08 janvier

    17h – Le Cercle de (2001, 1h30, vostf) de Jafar Panahi. Animation : ADN.

    21h15 – Hors-Jeu (2006, 1h28, vostf) de Jafar Panahi. Animation : Philippe Serve (CSF).

    Dimanche 09 janvier

    15h – La vie sur l'eau (2005, 1h30, vostf) de Mohammad Rasoulof. Animation : Vincent Jourdan (Regard Indépendant).

    19h30 – Sang et Or (2004, 1h37, vostf) de Jafar Panahi. Animation : Josiane Scoleri (CSF).