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A demain soir ! (édito d'ouverture)

Le goût de l'expérience.

« Le court-métrage est au cinéma ce qu'est l'amidon au col de chemise. C'est pour le durcir et non pour le ramollir. » (Anonyme)

Après la grande fête du super 8 en 2015, nous avons eu envie de partir en exploration sur des routes de traverse et les petits chemins qui sentent bon la noisette. Inspirés par nos amis de l'ETNA de Montreuil, les super-huitards de Regard Indépendant et de leurs partenaires se sont livrés en 2016 à de savantes expériences dont vous pourrez découvrir les résultats lors de cette 18e édition des Rencontres Cinéma et vidéo à Nice. Nous avons tout d'abord arraché joyeusement des pages de livre, du livre d'un ami en particulier qui a bien voulu accepter ce saccage. Et de ces pages arrachées à son livre de l'amour, nous avons tiré nos scénarios en les passant à la moulinette. De ce remix particulier sont nés une douzaine de courts métrages en tourné-monté qui nous ont occupé tout l'été et jusqu'à une partie avancée de l'automne. Ailleurs, un polar inconnu mais plein de rebondissements a servi de base sur le même mode opératoire aux films tournés en atelier à la Médiathèque de Cannes. Nous nous sommes également réunis autour d'un cadavre exquis qui vous sera présenté en ouverture.

Et pour garder cette tonalité expérimentale, nous avons été dénicher un groupe de joyeux suisses pratiquant le détournement de contes de fée, ainsi que les plus jolies réussites de nos amis anglais des straight 8. Puis nous avons fait appel à d'autres amoureux fous de la pellicule et de curieux de nouvelles images pour composer un programme excitant jouant avec l'ancien et le moderne, le rêve et le récit, les clairs et les obscurs. Tout ceci sera à découvrir durant les trois courtes journées de cette fin de novembre, courtes mais intenses, où se retrouverons créateurs et public.

Le programme de ces 18èmes Rencontres est donc consacré à ce goût de l’expérience, à cette appétence pour l'essai, la tentative, la recherche, la prise de risque dans la joie et la bonne humeur qui est, du moins devrait être, l'essence du court-métrage et du cinéma dit indépendant. Indépendant de quoi me demande-t-on souvent, eh bien outre des considération financières et commerciales qui n'ont que faire ici, de la prudence, de la peur de mal faire, de cet œil en coin sur la copie de son voisin que l'on croit rassurante mais qui bride, qui fige, qui empêche. Essayons d'essayer comme chantait Miossec, il en restera toujours quelque chose.

Le super 8, j'y reviens toujours, est le terrain parfait pour ces essais. Libre mais exigeant, il permet les audaces, fragile, imparfait par nature, il rend charmant des défauts insupportables en HD, à condition bien entendu que tout le film de soit pas flou ou noir. Et encore, de ses limites il est toujours possible d'en tirer une étincelle de créativité. Le fin ruban de celluloïd peut se gratter se brûler, se tremper dans des bains étranges pour en tirer des effets saisissants. Il porte sur lui les poussières et parfois les traces des doigts de son créateur, comme les petites créatures de pâte à modeler que l'on anime à 18 images secondes. Pourquoi hésiter ? Pourquoi se priver ? Le super 8 mais pas seulement. La programmation vidéo est tout aussi riche en aventures, que ce soient les films d'atelier qui bénéficient de la fantaisie de regards jeunes, voire très jeunes, ou bien les courts métrages de nos suspects habituels qui tracent leurs routes d'image en image avec une liberté que nous aimons retrouver chaque année. Les réjouissances commencent le 24 novembre, venez partager nos expériences.

Vincent Jourdan, Président

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