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21es Rencontres : L'édito d'ouverture

Hier, aujourd'hui, demain

Cette année 2019 a vu la célébration, à travers de multiples initiatives, du centenaire des Studios niçois de la Victorine. D'une certaine façon, il revient à cette 21e édition des Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice de clôturer, en beauté j'ose l'espérer, cette séquence anniversaire. Et comme je l'imaginais l'an passé, nous avons eu l'occasion, en 2019, de nous souvenir et de réfléchir sur l'histoire du cinéma à Nice et de la relation de notre ville au septième art. Pour l'équipe de Regard Indépendant, cette réflexion s'est faite action à travers notre travail autour des supports argentiques. Nous avons organisé, en mars à la Cinémathèque, une soirée collaborative « Ramène ta bobine » avec des projections de films en 8 mm, Super 8 et 16 mm, créations, archives, témoignages faisant revivre la Libération de 1944, mai 68, le Carnaval 1980 où une fameuse tempête de neige de 1985. Nous avons œuvré, tout au long de l'année, à la production de notre collection de films Super 8 en tourné-monté autour de cette thématique du cinéma sur la Côte d'Azur. Nous avons ouvert cette collection à nos partenaires associatifs de Nice, Caen, Beyrouth, Köln, et Saudarkrokur (ne cherchez pas, c'est un village d’Islande). Quelles images d'aujourd'hui sont nées de leur imagination autour de ce sujet ? Au moment où j'assemble les films, montant à l’ancienne, à la main et au ruban adhésif, ces fines bandes de celluloïd, je vois défiler des palmiers, la mer, une femme sur un balcon, un portail chargé d'histoire, du soleil, un couple sur la Promenade , des fleurs, un avion, un drôle de cuisinier et un fameux écrivain qui a écrit : « Le presbytère n'a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat ». Le cinéma non plus. Vous pourrez, comme chaque année, découvrir ces films, ces visions, ces évocations, le samedi soir 30 novembre, en clôture de nos Rencontres. Nous verrons alors ensemble comment ce cinéma d’aujourd’hui et d'ici, résonne avec celui d'hier.

A cette collection, nous avons voulu ajouter une seconde dimension de création. Pour la première fois, nous vous proposerons un programme consacré aux ateliers de réalisation et développement de la pellicule argentique le samedi à 14h00 au Mercury. Cela a été rendu possible grâce au travail de Justyna Ptak autour d'une méthode écologique de développement au caffénol où l'image est révélée avec du simple café soluble, un peu de vitamine C et de l'eau. Mais oui ! Ces ateliers ont été menés à Nice où ils ont été notamment proposés dans le cadre du plan académique de formation des enseignants dans un esprit de découverte du potentiel pédagogique et artistique du format Super 8, ainsi qu'à Béziers avec les associations Nabuchodonosor et Surveyor 1, et en Normandie, dans le cadre de Kino Caen, lors de la fête du court métrage. Voilà une belle piste pour l'avenir.

Nos autres initiatives passent par le renforcement et le développement des relations avec des structures qui, en France et à l'étranger, travaillent sur l'argentique. Aux côtés de nos amis des Straight 8 anglais qui présenteront les meilleurs films de leur édition 2019, nous invitons cette année, pour la soirée d'ouverture à la Cinémathèque, l'association Film Base de Saint Étienne, qui nous fera partager sa passion pour le 16 mm. Une carte blanche a été proposée à l'artiste Alain Biet, artiste pluridisciplinaire, qui fera le lien entre ses créations en super 8 projetées le samedi 30 après-midi, et le tout récent et largement récompensé « Grands canons » produit par Girelle Production et diffusé lors de la soirée d'ouverture. Enfin, lors de cette même soirée, pour faire vivre les images d'hier, nous vous proposerons le travail musical de Jean-Louis Chinaski réalisé à partir des films de son père, passerelle tendue sur le temps pour un ciné-concert inédit.

Ces 21es Rencontres resteront enfin le moment privilégié où s'exerce notre regard indépendant sur la création émergente et locale : productions professionnelles, films d'écoles et d'ateliers (dont les travaux autour du centenaire réalisés par nos amis de Casa Doc', Il Était Un Truc... et Héliotrope). Ces programmes donnent cette année encore un espace de diffusion aux auteurs de tous âges et de tous horizons qui préparent le cinéma de demain. Et je formule le vœu que la célébration du cinéma à Nice de 2019 se prolongera à travers le soutien à un cinéma vivant qui se pratique ici et maintenant, tous les jours et toutes les années, porté par le travail au quotidien des associations et de leurs bénévoles qui le font vivre et le transmettent.

Vincent Jourdan

Président de Regard Indépendant

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