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Information

  • Atelier de réécriture du GREC

    Le GREC (Groupe de Recherches et d'Essais Cinématographiques) propose un atelier de réécriture du court métrage. Cet atelier se tiendra du 11 au 25 avril 2017 à Grans dans les Bouches-du-Rhône. Il existe des possibilités de prise en charge de financement des coûts.

    Ces ateliers résidentiels de 15 jours permettent aux réalisateurs porteurs d'un projet de court-métrage :

    - d'avoir un suivi personnalisé de chaque projet par plusieurs intervenants professionnels
    - d'approfondir la réflexion sur les scénarios par le travail en groupe et en immersion
    - de trouver une écriture et une forme adaptées à son projet
    - d'approfondir les connaissances cinématographiques via des analyses de films
    - d'appréhender, avec l'aide des techniciens et de professionnels, l'étape de préparation et de réalisation du film.

    Les candidats sont sélectionnés à partir d'un projet de court métrage.

    Date limite de candidature le 15 mars.

    Détails et inscriptions : cliquer ICI

    Ce dispositif est accompagné logistiquement par la Commission du film Métropole Aix Marseille Provence – Ouest Provence Istres. Toute information complémentaire est à prendre directement auprès du GREC : http://www.grec-info.com/

     

  • Joe Limonade au Mercury le 8 février

    Du 6 au 13 février 2015 se tiendra au cinéma Mercury (16 place Garibaldi – Nice), le 13ème Festival annuel de l'association Cinéma Sans Frontières sur le thème : Le cinéma sens dessus dessous, quad le cinéma joue avec ses codes. Polar, western, fantastique, documentaire, découvrez la programmation complète en cliquant sur l'affiche :

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    Dans ce cadre, Regard Indépendant s'associe à vénalement en présentant le très original western Tchécoslovaque Joe Limonade (Limonádový Joe aneb Koňská opera) réalisé par Oldřich Lipský en 1964 et sorti en France l'année suivante. L'occasion pour la président de Regard Indépendant de revenir sur ce genre majeur du cinéma.

    Combien d’enfants de part le monde n’ont pas joué aux cow-boys et aux indiens, arpentant cet univers d’aventures que Jacques Brel appelait « le Far West » ? Le western, ses mythes et ses codes ont nourrit l’imaginaire de plusieurs générations. « Cinéma américain par excellence » selon André Bazin, « Art typiquement américain avec le jazz » pour Clint Eastwood, le genre est né quasiment avec le cinéma, quand les spectateurs de 1903 découvert Le vol du grand rapide de Edwin S. Porter et Wallace McCutcheon. Très vite populaire, les courts métrages en deux-bobines prolongent le succès des revues à bon marché et révèlent des stars comme Broncho Billy Anderson, Tom Mix,William S. Hart ou Harry Carey. Il acquiert ses lettres de noblesse avec La caravane vers l’ouest (1923) de James Cruze et Le cheval de Fer (1924) de John Ford, vision épique de l’histoire récente des USA. En 1930, l’échec de La piste des géants de Raoul Walsh le relègue aux films de série et aux cow-boys chantants pour une décennie. Il revient au premier plan avec une série de grands films signés, à la fin des années trente par John Ford, Henry King, Cecil B.DeMille et Fritz Lang.

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    A la fin des année cinquante, le transfert de la série B à la télévision et les mutations de Hollywood donnent au genre un coup de mou. Il va se produire alors un phénomène unique dans l'histoire du cinéma. Le western est repris par l'Europe, l'Italie en particulier, qui bouleverse les codes pour donner naissance à un sous genre prolifique et très populaire une dizaine d'années. La disparition des grands maîtres, le naufrage du cinéma italien, l'avènement du cinéma de science-fiction et l'échec symbolique de La porte du paradis de Michael Cimino, signent un radical coup d'arrêt. Une génération s'éteint. Pourtant la nouvelle va reprendre formes et codes pour les injecter dans de nouveaux univers. Le western mute. D'où vient cette vitalité ? Sans doute de la simplicité de ces formes et codes qui leur ont permit de s'imprimer en profondeur dans les imaginaires collectifs et leur donne une souplesse ouvrant de multiples possibles. Un certain type d'attitude, de paysage, d'écriture, de musique, de cadre cinématographique, sont immédiatement identifiés « western » quand bien même ils se situent dans un cadre qui n'a rien à voir avec l'histoire de l'Ouest américain de la seconde moitié du XIXeme siècle.

    Souplesse. Raciste, impérialiste, violent, sexiste, homophobe, réactionnaire, manichéen, le western a été tout cela, mais il a pu plus souvent que l'on ne le croit, être le contraire. Comme en son temps la tragédie classique, le western peut aborder tous les thèmes et le plus grand, celui de la condition humaine. Il peut parler de toutes les époques, raconter toutes les histoires. Dès le départ, il séduit tout le monde. Dès 1906 Joë Hamman et Jean Durand tournent des westerns dans le bois de Meudon et en Camargue. Nous le retrouverons dans les films de cangaceiros brésiliens, au Chili et en Argentine dans la pampa sauvage. Il dialogue avec les films de samouraïs japonais d'Akira Kurosawa qui inspire en retour John Sturges et Sergio Leone. Le wuxapian chinois pille ses bandes sonores, les allemands de l'Est font des indiens des héros anticolonialistes et à l'Ouest on adapte les romans de Karl May. Australiens et sud-africains mettront le genre à leur sauce. Les turcs aussi produiront toute une série de westerns à partir des années soixante.

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    Joe Limonade présenté ce soir est typique de cette universalité du genre. Réalisé en 1964 par le réalisateur Oldřich Lipský en Tchécoslovaquie, il s'inspire des écrits de Jiří Brdečka, également scénariste. Le film a une évidente visée parodique, mais avec un respect amusé pour les codes, rendant hommage aux cow-boys de l'ère du muet comme des cow-boys chantants. On pense beaucoup à Roy «Yeepee-kaï-yay »  Rogers et ses chemises chamarrées. Le héros du titre, tireur d'élite, est aussi grand buveur du soda Kolaloka ce qui permet d'égratigner l'« Américan way of life » des sixties. Comédie musicale aux filtres de couleurs vives, Joe Limonade aligne les clichés comme à la parade pour les passer à la moulinette de l'inventivité du cinéma des pays de l'Est de l'époque et de son sens aigu de l'humour. Le film se rapproche avec bonheur d'une version cinéma du Lucky Luke de Morris et Goscinny. Il bénéficie surtout d'une production soignée, avec des moyens conséquents, d'une interprétation pleine de fantaisie, et d'une réalisation vive qui en font plus qu'une simple curiosité, un véritable OVNI à découvrir, une manière de film culte.

  • Rappel : ramenez vos bobines !

    Rappel, le jeudi 27 novembre, ramenez vos bobines de super 8 au Volume pour la soirée d'ouverture des 16èmes Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice.

    La seconde partie du programme de cette soirée d'ouverture est un tout nouveau concept que nous avons appelé « Ramène ta bobine ». Le programme, ce sont les spectateurs qui le composent. Nous vous avons proposé de fouiller dans vos greniers, vos placards ou vos caves et de nous apporter lors de la soirée vos anciens films en super 8. Des délires, des films de vacances, des petites fictions, des documentaires, des créations oubliées sont à (re)découvrir en projection et à faire partager. Des bandes son vous sont prêtes à agrémenter vos images.

    Pensez à vous inscrire avant le soir fatidique : regardindependant@gmail.com ou 06 23 07 83 52.

    Soirée d'ouverture

    20h00 Le Volume (6 rue Defly 06000 Nice)

    PAF : Entrée libre + adhésion obligatoire à l'association La Source 2 €

     

  • Deux projets à soutenir par souscription

    German Angst ou l'angoisse à l'allemande, est un projet d'anthologie fantastique proposé par trois figures du cinéma undergroung, spécialiste de l'image choc : Jörg Buttgereit, Andreas Marschall et Michal Kosakowski. La belle équipe se tourne, comme tant de projets indépendants vers l'aide collective via le crowdfunding.

    Jörg Buttgereit, Andreas Marschall et Michal Kosakowski mettent en avant leur amour du cinéma de genre. German angst serait un film à épisodes, façon La Quatrième Dimension (1983) qui réunissait Steven Spielberg, Joe Dante, John Landis et George Miller, avec peut être une touche de noirceur supplémentaire.

    Trois styles très différents s'unissent en une composition sombre dans German Angst: la vision morbide de Jörg Buttgereit de la vie quotidienne, le saut de Andreas Marschall dans l'abîme de l'érotisme sombre et la fusion de la politique et de l'horreur de Michal Kosakowski. Ils nous invitent à un voyage transfrontalier à l'horizon du film de genre.

    Si l'on recherche la transgression, l'attitude sans limites qui est l'essence de la scène underground allemande telle qu'on l'aime, German Angst verrait le retour du Buttgereit de l'inoubliable Nekromantik (1987) après une (trop) longue absence au cinéma. Andreas Marschall est le réalisateur de Masks (2013), hommage au giallo italien des années 70. De Michal Kosakowski, nous connaissons ses films expérimentaux virtuoses mais aussi son premier long métrage documentaire Zero Killed (2012) qui étudait les envies de meurtre chez ses contemporains. Belle équipe.

    GermanAngst.jpg

    Voici les trois épisodes prévus :
    Le premier épisode, Final girl de Jörg Buttgereit, raconte l'histoire d'une jeune fille qui vit seule avec son cobaye dans un appartement délabré à Berlin. Mais est-elle vraiment seule? Dans la chambre se trouve un homme, ligoté et bâillonné...

    Dans Alraune, l'épisode de Andreas Marschall, un jeune homme tombe sur un club de sexe secret dans la vie nocturne de Berlin promettant l'expérience de l'ultime frontière sexuelle en utilisant un médicament fabriqué à partir des racines de la Mandragore légendaire. Mais les expériences extatiques ont des effets secondaires horribles...

    Make a wish de Michal Kosakowski raconte comment Kasia et Jacek, un couple sourd-muet d'origine polonaise tombe entre les mains d'un gang de voyous sadiques. Apparemment impuissante, Kasia possède une amulette qui avait déjà changé le cours de l'histoire au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Maintenant, quelque chose de magique se produit qui transforme la situation à son avantage, mais qui seront les victimes ...?

    Ils ont choisi cette formule originale du crowfunding pour démarrer leur projet. Vous pouvez en apprendre plus (vidéo à l'appui) sur Startnext (cliquer) Ou contacter Andrea.

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    Le nouveau projet de Joel Bayen-Saunères s'intitule Une Nuit, ni à l'opéra, ni aux courses... (mais quelque chose comme au bordel). Il sera produit par Jude Baumann et les Films de la Baie des Anges. Afin de pouvoir tourner ce film (début juillet à Nice), ils ont besoin d'un financement complémentaire qui leur permette de boucler le budget du film. 

    Pour cela ils ont également ouvert une souscription sur le site TousCoProd à hauteur de 3000 € qui permettront de terminer le film...

    Ils financeront : 

    - les déplacements des acteurs italiens et parisien.

    - le tournage à Nice.

    - la location de la chambre d’hôtel pour  dernière scène.

    Edito :

    Si le numérique permet de faire des films plus facilement qu'auparavant, et pour un coût bien moindre, il faut toujours une bonne mise de départ pour réaliser un film.

    Surtout si l'esthétique du film l'exige, comme celui-ci, tourné dans les hauts-lieux du baroque turinois (église royale de San Lorenzo, basilique de Superga).

    Pour tourner les extérieurs italiens, nous avons dû nous déplacer à Turin où nous avons déjà investis une partie des coûts du film sur les fonds du réalisateur (autorisations de tournage payantes, défraiement équipe, transports, frais divers).

    La suite et l'essentiel du tournage doit avoir lieu à Nice en juillet. Le montage fin juillet, pour une diffusion en septembre. Nous ferons venir Marc Duret de Paris et les comédiens italiens de Turin. Une logistique assez importante, malgré les aides en nature ou en travail que nous avons déjà reçus et ...une vraie co-prod internationale ! 

    Nous espérons que vous aurez envie de voir le film terminé et que vous nous apporterez votre aide et votre soutien !

    N'hésitez pas à visiter le site (cliquer) :

    et le blog du film(cliquer)

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    Synopsis : Un prêtre essaie de convaincre un libertin de renoncer à ses principes. Mais le libertin a plus d'un argument dans son sac. Un film philosophique et souriant. Garanti 100% sans morale, enfin presque ! Une fable qui mêle réalité, fiction, rêve, littérature et comédie. 

    Un film au style recherché, dans les décors baroques de Turin mélangés avec une esthétique plus rock'n roll, métallique, à la lumière agressive, dans un univers « industriel », image du purgatoire, entre Paradis et Enfer, où se débattent les personnages principaux, et un peu chacun d'entre-nous aussi.

    Réalisation de Joel Bayen-Saunères.

    Avec Marc Duret (Le Libertin), Philippe Auzizeau (le démon), Anthony Chabert (le prêtre), Chiara Pautasso et Elena Savio (les prostituées), Zaïra Mantovan (la sainte) et Raffaele Palazzo (le boiteux).

  • La Hammer films au Volume le 2 mai

    Ambiance fantastique au Volume le 2 mai avec le vernissage de l'exposition d'affiches sur la Hammer Films par Eric Escofier qui dédicacera son nouvel ouvrage Peter Cushing star de la Hammer films.

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    La Hammer Films, célèbre maison de production anglaise des films d'horreurs, naquit en 1935 grâce à deux hommes : Enrique Carreras et William Hinds. Ce dernier, directeur d'une chaîne de magasins de bijoux, était à ses heures perdus un acteur de théâtre. N'ayant aucun succès, il décida de monter une maison de production de films qu'il prénomma par son pseudo d'acteur : William Hammer. C'est ainsi qu' éclot la Hammer Films qui produisit successivement en 1935 : Le Mystère de la Marie Céleste avec Bela Lugosi et Song of Freedom avec Paul Robeson. En 1935, le fils d'Enrique : James Carerras rejoi gnit son père et de vient producteur délégué. Plus tard son fils Michael Carreras prit la place de producteur exécutif. A partir de 1955 avec Quatermass experiment la Hammer Films se fait une renommée dans le genre science-fiction-épouvante et en 1957, elle produit son premier film en couleurs : Frankenstein s'est échappé qui va lancer la carrière de deux comédiens : Peter Cushing et Christopher Lee. Ce dernier va devenir le vampire le plus populaire du monde entier pour son interprétation toute nouvelle du Comte Dracula. Tandis que Peter Cushing sera couronné le gentleman de l'horreur pouvant incarner aussi bien le Mal (le baron Frankenstein ) que le Bien (Professeur Van Helsing). Des metteurs en scène comme Terence Fisher, John Gilling, Freddie Francis, Roy Ward Baker ou Peter Sasdy seront les maîtres d'oeuvres de films inoubliables.

    A travers ces affiches magnifiquement colorées, c'est un horrible et délicieux voyage au pays de la terreur Britannique.

    Eric Escofier, rédacteur du fanzine Les monstres de la nuit, avec la complicité de Bertrand Vonthreim (préfacé par Didier Lefevre, rédacteur de Médusa et de Hammer For ever vient de sortir un volumineux livre consacré à l'acteur britannique Peter Cushing.

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    Son visage est connu, car durant sa carrière (1939 à 1986), il a marqué toute une génération de fantasticophile, en interprétant le baron Frankenstein, le docteur Van Helsing, sherlock Holmes, John Banning....

    Il manquait un ouvrage sur cet artiste britannique. Les 273 pages qui composent ce livre ne sont pas superflus pour retracer la carrière de cet immense interprète des Dracula, Frankenstein, et autres films fantastiques principalement tournés par la Hammer Films.

    Editions "Monstres de la nuit" - Aout 2012 - 275 pages -30€

  • Soirée lecture de scénarios à la Médiathèque de Cannes le 9 novembre

    Vendredi 9 novembre à 19h00, Regard Indépendant vous convie à la Médiathèque Noailles de Cannes (1 avenue Jean de Noailles - 06400 Cannes) pour une séance de lecture de scénarios. Les textes présentés sont ceux travaillés au cours de l'atelier d'initiation à l'écriture de court métrage lors du premier semestre 2012. Ils seront lus par deux comédiens de théâtre, Carla Gillespie de Luc Bonnifay, en présence de leurs auteurs.

    En seconde partie seront projetés deux courts métrages en présence du réalisateur Xavier Ladjointe.

    La soirée, présentée par Vincent Jourdan, Président de Regard Indépendant et animateur de l'atelier,  sera l'occasion d'échanger sur le travail d'écriture pour le cinéma et d'annoncer de nouvelles activités pour 2013.

    Entrée libre. 

    Renseignements : Tél Médiathèque :+33 (0)4 97 06 44 83

     

  • Rentrée de l'atelier acénario du CEDAC de Cimiez le 18 octobre

    Atelier d'initiation à l'écriture de scénario au CEDAC

    Le jeudi 18 octobre 2012, s'ouvrira la nouvelle saison de l'atelier l'atelier d'initiation à l'écriture de scénario de court métrage au CEDAC de Cimiez.

    Les associations Regard Indépendant et Héliotrope vous proposent de retrouver ou de découvrir cet atelier destiné à tous ceux qui souhaitent s’initier à la création cinématographique par la découverte du monde du court métrage et l’initiation à l’écriture.

    scénario.jpg

    Mis en place depuis 2004 il est structuré en deux axes :

    • Une partie pédagogique avec initiation pratique aux techniques de base de présentation et de rédaction d’un scénario de court métrage en s’appuyant sur des exemples concrets. Cette partie comprend aussi une découverte du monde du court métrage en France avec des projections de films.

    • Une partie pratique organisée autour d'exercices ludiques autour de l’écriture : rédaction de synopsis, initiation aux dialogues, analyses de films, travail à partir d'extraits où de thématiques...

     

    Il n'y a pas d'obligation à porter un projet de scénario, mais il est néanmoins recommandé de s'investir dans une histoire qui tienne à cœur. Il est plus facile d'échanger et de progresser avec ce genre de motivation. Le travail et le suivi des projets s'effectue à travers le blog de l'Atelier. Une boutique en ligne est ouverte : la boutique du scénario et des scénaristes

    L'atelier est animé tout au long de l'année par Amélie Masciotta. Le blog est animé par Vincent Jourdan, Président de l’association Regard Indépendant.

     

    La fréquence est mensuelle : le jeudi de 19 h 00 à 21 h 30 d’octobre à juin.

    Dates du premier trimestre :

    Jeudi 18 octobre

    Jeudi 15 novembre

    Jeudi 13 décembre

    Tarifs :

    25 € La séance

    50 € Le trimestre

    120 € l'année

    Les inscriptions puis les règlements se font directement au CEDAC de Cimiez.

    49, avenue de la Marne

    06100 Nice

    04 93 53 85 95

    Téléchargez le dépliant d'information

    Pour en savoir plus contactez nos associations :

    Regard Indépendant : 06 23 07 83 52

    Héliotrope : 04 93 13 97 65

  • Tables rondes cinéma et cinéphilie samedi 14 avril au MUSEAAV

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    Dans le cadre des festivités célébrant son 10ème anniversaire, Cinéma sans Frontières propose une journée Tables Rondes le Samedi 14 avril au MUSEEAV, 16 bis Place Garibaldi à Nice.

    Celles-ci seront animées par Pascal Gaymard, directeur du Mercury, cinéma partenaire de CSF depuis 2002, et Aurélie Ferrier, administratrice de Cannes Cinéma.

    10h - 12 h Pourquoi le cinéma aujourd'hui ?

    Animateur :  Pascal Gaymard - Chargé de mission cinéma au CG 06, Directeur du Mercury

    Participants : 

    • Gérard Camy - Cannes Cinéma
    • Elise Domenach - Positif
    • Teresa Maffeis - ADN
    • Pedro Nobrega - Espace Communication Lusophone
    • Josiane Scoleri – CSF

    14h30 - 16h30 Être cinéphile en 2012 : Nouveaux moyens et nouvelles pratiques

    Animatrice  : Aurélie Ferrier - Cannes Cinéma

    Participants :

    • Olivier Bitoun - Cinéphare (Finistère)
    • Vincent Jourdan - Regard Indépendant
    • Paul Saddier - Culture et Cinéma
    • Philippe Serve – CSF
    • Laurent Trémeau – Héliotrope

    16h30 - 17h30 Pot de l'amitié

    L'entrée aux Tables rondes est ouverte à tous/toutes, libre et gratuite.

    Toutes les informations sur CSF :
    http://cinemasansfrontieres.free.fr
    Contact téléphonique CSF : 06 64 88 58 15
    Contact téléphonique Mercury : 08 92 68 81 06

  • Atelier scénario de la médiathèque de Cannes

    Atelier d’initiation à l’écriture de scénario de court-métrage

    L'association Regard Indépendant propose la mise en place d'un atelier d’initiation à l’écriture de scénario de film court dans le cadre de la Médiathèque de Cannes en 2012.

    L'atelier s'adresse à tous ceux qui souhaitent s’initier à la création cinématographique à travers l'écriture : public scolaire, étudiants, amateurs, cinéphiles de tous âges, passionnés d'écriture et de cinéma.

    L'atelier comprendra neuf séances de deux heures chacune, le samedi de 14h00 à 16h00.

    Calendrier :

    Samedi 14 janvier
    Séance 1 : Présentation et objectifs / Les étapes d'un scénario / Le récit au cinéma écrit, Image et montage / Le synopsis.

    Samedi 28 janvier
    Séance 2 : Exercices sur le synopsis / Théorie de la Proposition Dramatique Principale.

    Samedi 11 février
    Séance 3 : La structure du récit (Exposition, élément déclencheur, développement, climax, résolution) / La Nomenclature / Le personnage première partie.

    Samedi 25 février
    Séance 4 : Le personnage deuxième partie / Traitement / Écriture de la continuité dialoguée.

    Samedi 24 mars
    Séance 5 : Travail sur les continuités dialoguées / Le dossier d'accompagnement.

    Samedi 14 avril
    Séance 6 : Travail sur les continuités dialoguées / Les festivals de court-métrage / La note d'intention.

    Samedi 5 mai
    Séance 7 : Travail sur les continuités dialoguées / Les producteurs / le montage.

    Samedi 9 juin
    Séance 8 : Travail sur les continuités dialoguées / La protection des œuvres.

    Samedi 7 juillet
    Séance 9 : finalisation des continuité dialoguées / Évaluation finale / fiche de lecture.

    L'accès est libre, il est necessaire d'être inscrit à la Médiathèque. Contact :

    Médiathèque de Cannes

    Section Vidéothèque

    1er étage

    1 Avenue jean de Noailles

    06400 cannes

    Tel : 04 97 06 44 839

  • Changement d'adresse

    C'est officiel, Regard Indépendant est désormais domiciliée à l'adresse suivante :

    Regard Indépendant

    C/O Maison des associations Nice Centre

    3 bis rue Guigonis

    06300 Nice

    Merci de mettre à jour vos carnets d'adresse.

  • Soirée hommage à Jean Rollin le 18 juin au Mercury

    cinéma, Jean Rollin

    Les associations Regard Indépendant et Les Méduses vous proposent une soirée en hommage au réalisateur Jean Rollin, récemment disparu, le samedi 18 juin au cinéma Mercury – 16 place Garibaldi – Nice. Au programme, deux séances :

    • 19h30 : Le masque de la Méduse (2010 – 75 minutes) son ultime long métrage inédit.

    • 21h30 : La rose de fer (1973 – 76 minutes) l'une de ses œuvres les plus envoûtantes.

    Jean Rollin, disparu en décembre dernier, restera l'un des maîtres français du fantastique et de l'érotisme. Contre vent et marées, en marge le plus souvent des circuits traditionnels, il aura creusé sa veine personnelle d'un cinéma onirique, poétique, peuplé de femmes superbes, vampires et mortes vivantes aux voiles diaphanes, de châteaux plongés dans la brume et de cimetières romantiques.

    Jean Rollin aura arpenté les territoires du rêve et du cauchemar, au-delà du rideau des choses matérielles, traversant les horloges et les cercueils, traversant le temps, se faisant pour notre plus grand plaisir le guide de ces contrées inconnues et familières.

    Après avoir reçu en janvier 2010 le réalisateur, nous avons souhaité lui rendre hommage avec la projection de ce qui restera son dernier film, inédit, variation moderne sur le thème antique du mythe de la Méduse. Le film a été très peu diffusé, destiné à accompagner le premier volume des écrits complets du réalisateur. Nous remercions ici la productrice Anaïs Bertrand d'Insolence Productions qui a permit cette première.

    Suivra la projection de l'un de ses films les plus emblématiques, La rose de fer réalisé en 1973. Réunissant la belle Françoise Pascal et le jeune Hugues Quester (sous le pseudonyme de Pierre Dupont), le film s'inspire à la fois d'un poème de Tristan Corbière et de l'univers baudelairien. On y retrouve la quintessence de l'univers de Jean Rollin, traversé de visions surréalistes : cimetière où errent les jeunes amants, locomotive à vapeur, présence diffuse de la mort, plage de Dieppe battue par les vagues.

    Projections versions numériques

    Tarif unique : 5 € la séance. Billetterie Mercury

    Renseignements : 06 23 07 83 52

    cinéma,jean rollin

    Le masque de la Méduse (France – 2010 – 75 minutes – Vidéo - couleurs)

    Réalisation et scénario de Jean Rollin - Image de Benoit Torti - Musique de Philippe D'Aram - Montage de Janette Kronegger – Production de Anaïs Bertrand - Insolence productions.

    Avec : Simone Rollin, Jean-Pierre Bouyxou, Juliette Moreau, Bernard Charnacé,  Marlène Delcambre, Sabine Lenoël, Delphine Montoban, Agnès Pierron, Gabrielle Rollin, Jean Rollin.

    Méduse a perdu la mémoire, victime d’un sort que lui a jeté sa sœur Euryale. Elle erre dans des lieux dont elle se souvient par bribes et finit par arriver au Théâtre du Grand Guignol, où se cachent Euryale devenue aveugle et Sthéno, la plus jeune des trois gorgones, réduite à l’état animal. Le gardien du Théâtre et le collectionneur vont assister au dernier combat des deux sœurs. Sthéno, seule survivante, recouvre la parole et s’installe dans les sous sols du Cimetière du Père Lachaise. Mais elle s’ennuie et se prend d’amitié pour Cornelius, une jeune promeneuse. "Le masque de la Méduse" est une variation moderne sur le thème antique du mythe de la Méduse.

    cinéma,jean rollin

    La rose de fer (France – 1973 – 76 minutes – 35 mm – couleurs – projection numérique)

    Réalisation et scénario de Jean Rollin - Dialogues de Maurice Lemaître - Photographie de Jean-Jacques Renon - Musique de Pierre Raph - Montage de Michel Patient.

    Avec : Françoise Pascal, Hugues Quester (Pierre Dupont), Natalie Perrey, Michel Delesalle, Mireille Dargent ("Dily D'Argent"), Jean Rollin.

    Deux jeunes gens se rencontrent au cours d'une noce en province, et se donnent rendez-vous le dimanche suivant pour un pique-nique. A la fin de leur promenade, ils entrent dans un gigantesque cimetière, désert à cette heure. Trouvant un caveau abandonné, ils y descendent et font l'amour. Quand ils ressortent, la nuit est tombée, le cimetière est maintenant menaçant et peuplé d'ombres terrifiantes...

    Photographies : Insolence production et Hattori Hanzo

  • Panahi-Rasoulof : l'action se poursuit

    Les neuf associations niçoises mobilisées en soutien des cinéastes Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof avaient promis de poursuivre leur action après l'immense succès du week-end des 7-8 et 9 janvier au cinéma Mercury.

    Deux courriers ont été rédigés par le collectif.

    Le premier est adressé à Monsieur Seyed Mehdi Miraboutalebi, ambassadeur de la République Islamique d'Iran en France dans lequel nous l'informons de l'initiative prise et de son succès tout en exigeant, bien entendu, la libération immédiate des deux cinéastes.
    Le deuxième courrier est envoyé au Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, propriétaire du cinéma Mercury et député, Monsieur Eric Ciotti. Nos associations lui demandent de bien vouloir accéder à notre demande d'un geste fort : la permanence d'un film de Panahi ou Rasoulof dans la programmation du Mercury jusqu'à la libération des deux hommes.

    Dès lundi 24, nous avons lancé une nouvelle initiative dirigée vers nos amis associatifs de plusieurs villes du département à qui nous proposons de répéter dans leur ville, avec nous, en totalité ou en partie, l'opération que nous avons menée les 7, 8 et 9 janvier dernier.

    La dénonciation par le gouvernement du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad de la condamnation imposée à Panahi et Rasoulof par la justice iranienne  confirme notre analyse d'une situation complexe et ouvre peut-être de nouvelles perspectives de développement de l'affaire et quelques espoirs. Nous y reviendrons très bientôt plus en détails.

    Merci pour votre soutien et, si vous ne l'avez pas encore fait, n'oubliez pas de signer la pétition en ligne : http://www.ipetitions.com/petition/solidarite-jafar-panahi/

    Associations signataires :

    • Cinéma sans Frontières (CSF)
    • Regard Indépendant
    • Association pour la Démocratie à Nice (ADN)
    • Héliotrope
    • Polychromes
    • Amnesty International – Nice
    • Les Ouvreurs
    • Espace de Communication Lusophone
    • Les Méduses


    Contact :

    Philippe Serve, Président de CSF

    pserve@club-internet.fr

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  • Pour Mohammad Rasoulof

    Texte de présentation de la séance du dimanche 9 janvier 2011

    Vous allez assister à une séance très particulière de cette série de projections de soutien aux cinéastes iraniens récemment condamnés puisqu'il s'agit de celle consacrée à Mohammad Rasoulof, réalisateur, scénariste et producteur dont nous allons vous présente le seul film disponible en France à notre connaissance : Jazireh ahani (La vie sur l'eau.)

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    Quand Philippe Serve de Cinéma Sans Frontières, le grand architecte de ces journées, m'a proposé d'animer la présentation de ce film, j'ai tout de suite accepté. Je ne connaissais pas du tout Mohammad Rasoulof ni son travail et à Regard Indépendant, nous adorons montrer des films que nous ne connaissons pas de gens qui sont peu ou pas connus, de Jérémie à Lenoir à Gérard Courant en passant par Jean Rollin.

    Je pense que nombre d'entre vous êtes dans mon cas aussi nous allons faire connaissance avec ce jeune réalisateur. Il est né en 1973 à Shiraz, une ville assez importante du sud ouest iranien. 6e ville du pays, elle a été brièvement capitale de la Perse au XVIe siècle. Rasoulof y fait des études de sociologie puis bifurque vers le montage qu'il étudie à l'université Sooreh de Téhéran.

    De 1991 à 1999, il réalise 6 courts métrages proches du documentaire puis en 2002 un premier long Gagooman que l'on trouve sous le titre anglais the twilight, le crépuscule, mais n'est pas sortit en France à notre connaissance. Le film suivant est celui que nous allons voir et qui le révèle au niveau international. : Jazireh ahani (la vie sur l'eau) en 2005 circule dans les festivals (primé à Telluride, Karlovy Vary et Toronto). En France, il fait partie de la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. Il est également disponible en DVD.

    Mohammad Rasoulof revient au documentaire en 2008 avec Baad-e-daboor, un moyen métrage sur un sujet très sensible : L'accès à Internet et les antennes paraboliques en Iran qui sont un enjeu entre le pouvoir et la population, le premier cherchant à contrôler ce que voit la seconde et la seconde ayant développé une véritable économie parallèle, installant du matériel non bridé avec de grands risques, comme on a pu le voir dans le film de Saman Salour : Taraneh Tanhayie Tehran (Le chant solitaire de Téhéran - 2008). C'est bien sûr un film critique sur la gestion des media par la pouvoir.

    Il aide ensuite le jeune cinéaste Vahid Vakilifar en produisant le film Gesher.

    En 2009 suit un nouveau long métrage, Keshtzar haye sepid dont le titre anglais est The white meadow, la prairie blanche. Le sujet du film, plutôt poétique est très intriguant puisqu'il s'agit d'un homme chargé de recueillir les larmes des habitants d'un groupe d'iles. Le film se fait dans des conditions difficiles, à la fois logistiques (lieux de tournage) et à cause de la pression de la censure qui s'inquiète de la charge critique du film et refuse les permissions de tournage, situation que Jafar Panahi a dénoncée par ailleurs.

    Achevé, le film commence à circuler dans les festivals européens. Lors de la projection en sélection officielle au festival de San Sebastian, Rasoulof critique le régime. Nous sommes en plein pendant la période des élections truquées de 2009. Son intervention est particulièrement mal vue à Téhéran. On lui refuse d'aller à Berlin présenter son film et il est arrêté avec Panahi le 1er mars 2010. Ensemble, ils préparaient un film inspiré des événements politiques consécutifs aux dernières élections iraniennes. Sont également arrêtés une quinzaine de personnes dont le directeur de la photographie de Rasoulof : Ebrahim Ghafori. Rasoulof est libéré assez rapidement contrairement à Panahi qui est retenu juste ce qu'il faut pour qu'il n'aille pas à Cannes occuper son poste de juré.

    En décembre, Rasoulof est condamné. Le verdict retient deux motifs : une peine de 5 ans de prison pour “assemblée et collusion contre la sécurité nationale”, et une autre d’un an de prison pour “perturbation de l’opinion publique en faisant un film sans autorisation”.

    Dans l'exposition médiatique qui suit cette histoire, Jafar Panahi est mis en avant : il a son renom international, les larmes de Binoche, le siège vide de juré à Cannes. On a tendance pour le grand public à reléguer Rasoulof à deux ligne. Il est « le cinéaste également arrêté en sa compagnie ». Il ne s'agit bien évidemment pas d'opposer deux hommes qui partagent les mêmes engagements et subissent les mêmes peines, mais était important de bien les associer dans les actions de soutien.

    Comme le rappelait Philippe en ouverture de ces journées, la censure envers le cinéma, et les autres arts, a toujours existé. C'est un rapport de force ou le pouvoir tente d'empêcher que les choses soient dites ou montrées. Lutter contre cela, c'est faire en sorte que l'on montre ce que l'on veut nous cacher, les œuvres, et c'est là je pense que nous trouvons, associations cinéphiles, notre légitimité.

    Avec mon optimisme proverbial, je dirais qu'en faisant connaître Mohammad Rasoulof et en montrant son film, nous remportons une victoire, toute modeste soit elle, sur le pouvoir qui voudrait qu'on l'ignore. Pour les prisonniers d'opinion, les prisonniers politiques, il est important qu'on dise leur nom et que l'on parle d'eux, ceux qui meurent, ce sont ceux que l'on oublie.

    Et concernant les œuvres, les censure peuvent remporter des victoires, parfois douloureuses, mais elles ne gagnent pas tant qu'il y a des gens qui bataillent pour montrer. Pour rester en France, c'est vrai que la censure à interdit, saisi le film de Paul Carpita Le rendez-vous des quais  (1953). Mais le film a été retrouvé, restauré, montré enfin, et Paul a encore pu faire deux longs métrages. Aujourd'hui le film fait partie de la grande histoire du cinéma.

    Il y a une chanson américaine populaire que j'aime bien, Streets of Laredo. C'est l'histoire des dernières volontés d'un cow-boy blessé à mort. Il dit : « Écrivez à ma mère... Ne mentionnez pas le nom de celui qui m'a tué et son nom disparaitra. ». Nous sommes ici pour dire et redire les noms de Rasoulof et Panahi, et que l'on oublie ceux de leurs juges.

    Bonne projection.

  • Jafar Panahi à ses juges

    Le plaidoyer de Jafar Panahi tramsmis à Serge Toubiana, Directeur général de la Cinémathèque française, par un journaliste.

    Votre honneur, Monsieur le Juge, permettez-moi de présenter mon plaidoyer en deux parties distinctes.

    Première partie : Ce qu’on dit

        Ces derniers jours, j’ai revu plusieurs de mes films favoris de l’histoire du cinéma, malgré le fait qu’une grande partie de ma collection ait été confisquée durant le raid qui a eu lieu dans la nuit du 19 février 2009 à mon domicile. En fait, Monsieur Rassoulof et moi-même étions en train de tourner un film du genre social et artistique, quand les forces qui proclamaient faire partie du ministère de la Sécurité, sans présenter aucun mandat officiel, nous ont arrêtés ainsi que tous nos collaborateurs, et du même coup confisqué tous mes films, qu’ils ne m’ont jamais restitués par la suite. Par la suite, la seule allusion jamais faite à ces films était celle du Juge d’instruction du dossier : « Pourquoi cette collection de films obscènes ? »

        J’aimerais préciser que j’ai appris mon métier de cinéaste en m’inspirant de ces mêmes films que le juge appelait « obscènes ». Et, croyez-moi, je n’arrive pas à comprendre comment un tel adjectif peut-il être attribué à des films pareils, comme je n’arrive pas à comprendre comment on peut appeler « délit criminel » l’activité pour laquelle on veut me juger aujourd’hui. On me juge, en fait, pour un film dont moins d’un tiers était tourné au moment de mon arrestation. Vous connaissez certainement l’expression qui dit : ne dire que la moitie de la phrase : « il n’y a point de Dieu que dieu le grand » est synonyme de blasphème. Alors, comment peut-on juger d’un film avant qu’il soit même fini ?
        
        Je n’arrive à comprendre ni l’obscénité des films de l’Histoire du cinéma, ni mon chef d’accusation. Nous juger serait juger l’ensemble du cinéma engagé, social et humanitaire iranien ; le cinéma qui a la prétention de se placer au-delà du bien et du mal, le cinéma qui ne juge pas et qui ne se met pas au service du pouvoir et de l’argent, mais qui fait de son mieux afin de rendre une image réaliste de la société.
        
        On m’accuse d’avoir voulu promouvoir l’esprit d’émeute et de révolte. Cependant, tout au long de ma carrière de cinéaste, j’ai toujours réclamé être un cinéaste social et non politique, avec des préoccupations sociales et non politiques. Je n’ai jamais voulu me placer en position de juge et de procureur ; je ne suis pas cinéaste pour juger mais pour faire voire ; je ne tiens pas à décider pour les autres ou leur prescrire quoi que ce soit. Permettez-moi de redire que ma prétention est de placer mon cinéma au-delà du Bien et du Mal. Ce genre d’engagement nous a souvent coûté, à mes collaborateurs et à moi-même. Nous avons été frappés par la censure, mais c’est une première que de condamner et d’emprisonner un cinéaste afin de l’empêcher de faire son film ; et il s’agit d’une première aussi que de rafler la maison dudit cinéaste et de menacer sa famille pendant son « séjour » en prison.
        
        On m’accuse d’avoir participer aux manifestations. La présence des caméras était interdite durant ces démonstrations, mais on ne peut pas interdire aux cinéastes d’y participer. Ma responsabilité en tant que cinéaste est d’observer afin de pouvoir un jour en rendre compte.
        
        On nous accuse d’avoir commencé le tournage sans avoir demandé l’autorisation du gouvernement. Dois-je vraiment préciser qu’il n’existe aucune loi promulguée par le parlement concernant ces autorisations. En fait, il n’existe que des circulaires interministérielles, qui changent au fur et à mesure que les vice-ministres changent.
        
        On nous accuse d’avoir commencé le tournage sans avoir donné le scénario aux acteurs du film. Dans notre genre du cinéma, ou on travaille plutôt avec des acteurs non professionnels, c’est une manière de faire très courante pratiquée par presque tous mes collègues. Un chef d’accusation pareil me semble relevé plutôt du domaine de l’humour déplacé que du domaine juridique.
        On m’accuse d’avoir signé des pétitions. J’ai en fait signé une pétition dans laquelle 37 de nos plus importants cinéastes déclaraient leur inquiétude quant à la situation du pays. Malheureusement, au lieu d’écouter ces artistes, on les accuse de traîtrise ; et pourtant, les signataires de cette pétition sont justement ceux qui ont toujours réagi en premier aux injustices dans le monde entier. Comment voulez-vous qu’ils restent indifférents à ce qui se passe dans leur propre pays ?
        
        On m’accuse d’avoir organisé les manifestations autour du Festival de Montréal ; cette accusation n’est basée sur aucune logique puisque, en tant que directeur du jury, je n’étais à Montréal que depuis deux heures quand les manifestations ont commencé. Ne connaissant personne dans cette ville, comment aurais-je pu organiser un tel événement ? On ne tient pas à s’en souvenir peut-être, mais durant cette période, partout dans le monde où il se passait quelque chose, nos compatriotes se rassemblaient afin d’exprimer leurs demandes.
        
        On m’accuse d’avoir participer aux interviews avec les médias de langue persane basés à l’étranger. Je sais qu’il n’existe aucune loi interdisant un tel acte.

    Deuxième partie : Ce que je dis

        L’artiste incarne l’esprit d’observation et d’analyse d’une société à laquelle il appartient. Il observe, analyse et essaie de présenter le résultat sous la forme d’une œuvre d’art. Comment peut-on accuser et incriminer qui que se soit en raison de son esprit et de sa façon de voir les choses ? Rendre les artistes improductifs et stériles est synonyme de détruire toutes formes de pensée et de créativité. La perquisition effectuée chez moi et l’emprisonnement de mes collaborateurs et de moi-même, représentent le raid du pouvoir effectué contre tous les artistes du pays. Le message convié par cette série d’actions me paraît bien clair et bien triste : qui ne pense pas comme nous s’en repentira…
        En fin de compte, j’aimerais aussi rappeler à la cour une autre ironie du sort me concernant : en fait, l’espace consacré à mes prix internationaux au musée du cinéma à Téhéran est plus grand que l’espace de ma cellule pénitentiaire.
        
        Quoi qu’il en soit, moi Jafar Panahi, déclare solennellement que malgré les mauvais traitements que j’ai dernièrement reçus dans mon propre pays, je suis Iranien et que je veux vivre et travailler en Iran. J’aime mon pays et j’ai déjà payé le prix de cet amour. Toutefois, j’ai une autre déclaration à ajouter à la première : mes films étant mes preuves irréfutables, je déclare croire profondément au respect des droits d’autrui, à la différence, au respect mutuel et à la tolérance. La tolérance qui m’empêche de juger et de haïr. Je ne hais personne, même pas mes interrogateurs puisque je reconnais ma responsabilité envers les générations à venir.
        
        L’Histoire avec un grand H est bien patiente ; les petites histoires passent devant elle sans se rendre compte de leur insignifiance. Pour ma part, je m’inquiète pour ces générations à venir. Notre pays est bien vulnérable et c’est seulement l’instauration de l’état de droit pour tous, sans aucune considération ethnique, religieuse ou politique, qui peut nous préserver du danger bien réel d’un futur proche chaotique et fatal. A mon avis, la Tolérance est la seule solution réaliste et honorable à ce danger imminent.
        
        Mes respects, Monsieur le Juge,
        Jafar Panahi, cinéaste iranien