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gérard courant

  • Joseph Morder et Gérard Courant à Nice le 18 janvier

    Une rencontre exceptionnelle vous est proposée par les associations Cinéma sans Frontières et Regard Indépendant au cinéma Mercury (16 place Garibaldi à Nice) le samedi 18 janvier. Projection des films : Le journal de Joseph M. de Gérard Courant suivi de L'arbre mort de Joseph Morder, présenté pour la première fois à Nice, en présence des deux réalisateurs.

    18h00 : Le journal de Joseph M. de Gérard Courant (1999 – 59 min.)
    Réalisé par son ami Gérard Courant, un portrait complice de Joseph Morder, cinéaste et fondateur facétieux des archives Morlock.
    Filmé dans son quotidien parisien, mis en scène avec malice, et lors d'une excursion à Bruxelles, le cinéaste, accompagné de sa fidèle caméra super 8, rencontre proches et amis - de Luc Moullet à Marcel Hanoun - et devise avec eux de son journal, des films et de la vie. Quelques extraits du journal filmé de Joseph Morder agrémentent ce portrait en liberté.

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    Joseph Morder est marqué aussi bien par le grand cinéma hollywoodien que par le bricolage de la Nouvelle Vague, par la comédie musicale comme par le mélo flamboyant, imbriquant dans ses récits à la première personne des fragments d'un juif exilé à Guayaquil en Equateur que l'errance a mené de Paris à New York, en passant par Berlin, Madrid, sans oublier une étrange contrée nommée Morlock. De ces influences et de ces pays, réels ou imaginaires, il a tout filmé.

    20h30 : L'arbre mort de Joseph Morder (1987 – 90 min.). Avec Philippe Fano, Rosette, Nicole Tuffeli et Patrick Zocco.
    Peu après la fin de la seconde guerre mondiale, dans un bateau reliant la France à l’Amérique du Sud, Laura rencontre Jaime. Arrivés à destination, les deux personnages se séparent par accident. Laura cherche son amant, Ricardo et Jaime se prépare à épouser Sofia, sa fiancée. Par un soir d’orage et de coup d’Etat, le destin entre dans la vie de Laura et de Jaime, grâce à un arbre mort...

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    Le film est tourné à Nice en super 8 et 16 mm. Chaque plan se veut un hommage à un cinéaste, un peintre ou un musicien. Ainsi, lorsque Laura lit une lettre dans sa chambre d'hôtel, c'est un hommage à Matisse qui vivait à Nice. Le thé sur le balcon avec la tante Pilar est un hommage au Gigi de Minnelli.

    Présentation des films et animation des débats: Josiane Scoleri (CSF) et Vincent Jourdan (Regard Indépendant)

    Cinéma Mercury

    16 place Garibaldi / 06300 Nice / 04 93 55 37 81

    Tarifs du cinéma / tarif réduit pour les adhérents de CSF et Regard Indépendant

  • Les honorables membres du jury

    Cette année, histoire de pimenter la chose, Regard Indépendant a réunit six personnalités des arts et de l'image pour décerner quelques prix aux super 8 de la nouvelle collection ainsi qu'à la sélection Straight 8.

    Gérard Courant est un cinéaste, écrivain, acteur, poète et producteur indépendant français né le 4 décembre 1951 à Lyon (France), la ville où a été inventé le cinéma. Il est le fils de l'écrivain et historien René Courant. Il est l'un des cinéastes les plus prolifiques du cinéma. Il a inventé, réalisé et produit le Cinématon, le film le plus long du monde (il dure 154 heures). En tout, il a tourné plus de 4000 portraits filmés et un nombre très important d'autres films (plus de 300) depuis le milieu des années 1970. Le site de Gérard Courant.

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    Marie-Jo Gonzalez est comédienne depuis 1989. Elle a été formée par Nicola Lecomte avec qui elle a créé la Compagnie Traces. Elle a joué notamment « Qui a peur de Virginia Woolf ? » d'Edward Albee, « Les sorcières de Salem » d'Arthur Miller, participé à plusieurs création ainsi qu'à des spectacles pour enfants. En région, elle a fait partie de la Compagnie Alcantara et dirige l'Atelier d'Expression Dramatique à Tourrettes/Loup. Elle donne des cours de théâtre au Théâtre de l'Avant-Scène à Vence. Elle adore la mise en scène. Marie-Jo a eu quelques petits rôles au cinéma et depuis 2007, elle travaille de plus en plus sur des court-métrages : 3 cafés s'il-vous-plaît de Nazareth Agopian, Ultime Mission d'Eric Brout, Dégonflé de Xavier Ladjointe.

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    Illys est la graphiste qui a crée l'affiche des 12e Rencontres.Passionnée par l'art sous toutes ses formes, illys s'exprime via l'illustration et la musique. Particulièrement intéressée par le milieu culturel underground, ses collaborations avec le Volume et Regard Indépendant lui ont permis de satisfaire sa curiosité. Maintenant basée à Avignon, elle est ravie d'être présente pour ces 12èmes rencontres! Le site Illys PoulpFiction.

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    Amélie Maciotta est intervenante en milieu scolaire pour l’association Héliotrope, et bien d'autres choses encore. Re-liée au cinéma que "Je l'ai étudié, enseigné, mis en pratique par le biais d'ateliers artistiques, de programmations, de projections..."

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    Hervé Roesch est le Président de l’association Ma Lucarne depuis 2010, il est en charge du Festival Tourné Monté Super 8 de Strasbourg depuis 2007. Opérateur de prise de vue et monteur, il réalise et travaille sur des projets de films documentaires et de courts-métrages, notamment en Super8. Il anime également des ateliers d’initiation cinématographique auprès de jeunes en milieu scolaire et périscolaire.

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    Vincent Roussel cinéphile émérite, brillamment éclectique, il sévi sur la Toile sous le nom du Dr Orlof. Signe également des chroniques sur le site Kinok sous son véritable patronyme. Ce sera sa seconde sélection en jury super 8. Le journal cinéma du Dr Orlof.

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  • Découvrir Gérard Courant

    Programme Gérard Courant à Nice

    Samedi 20 novembre - 16h00 – Cinéma Mercury, 16 place Garibaldi – Nice

    Programme présenté par Vincent Roussel en présence du réalisateur.

    Le site de Gérard Courant

    Hérésie pour Magritte II

    1979 – 3min. 30 - Production : K.O.C.K. Production, Gérard Courant - Diffusion : Les Amis de Cinématon - Super 8 mm. pellicule : Kodachrome - Couleur. Muet.

    En utilisant trois reproductions de La Grande famille de tailles différentes superposées les unes sur les autres, la peinture s’anime et la colombe offre une impression d’envol continu. Tourné image par image. (Gérard Courant)

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    Compression Le Mépris

    2009 - 4 min. - Production : Les Amis de Cinématon, Les Archives de l’Art Cinématonique, Gérard Courant. - Vidéo Mini-DV. Cinemascope (2,20). - Couleur.

    Compression Le Mépris est la réduction du Mépris, le chef d’œuvre de Jean-Luc Godard avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Jack Palance et Fritz Lang, en un film de 3 minutes. Le film est « compressé » à la manière d’une œuvre d’Arman ou de César. Mais à la différence du travail de ces artistes qui compressaient des objets usuels, Compression Le Mépris compresse une œuvre d’art ! Le tour de force et le pari de Compression Le Mépris a été de fabriquer une compression totale : dans ce film, il ne manque pas un seul plan du film original ! (Gérard Courant)

    Critique : Dans la série des Compressions, initiée en 1995, Gérard Courant ne s’intéresse plus à l’artiste mais à l’œuvre, qui devient un objet et un signe culturel au même titre que les produits de la société de consommation compressés par les Nouveaux Réalistes. Avec le sentiment d’appartenir à une cinéphilie en train de disparaître, qui a découvert le cinéma dans les années 1960 avant que ne déferle le flot d’images et de médias, quand il était encore possible d’en avoir une vision synthétique, il entend revisiter les classiques sous forme de digests, condensés, réduits, mais sans qu’il ne manque un seul plan.

    Commencée en 1965 par Alphaville de Jean-Luc Godard, créé trente ans plus tôt, la série des Compressions se poursuit avec À bout de souffle, le film qui, aux côtés des Quatre cents coups de François Truffaut, signa l’acte de naissance de la Nouvelle Vague en 1959. En isolant et en montrant bout à bout une image par seconde de film, Gérard Courant livre une compression de procédé rationnel et systématique, à contre-courant de la perception subjective du film par le spectateur, de « l’expérience esthétique ». (…)

    La réduction éloigne l’œuvre de la forme sous laquelle elle persiste dans les mémoires individuelle et collective, qui tendent à isoler quelques images iconiques comme autant de vignettes métonymiques (…) et à dilater la durée de certains passages pour en condenser d’autres. Mettant en évidence la structure de l’œuvre initiale, la compression, dépouillée de tout affect, la donne à voir autrement. (Judith Revault d’Allonnes, catalogue Chefs-d’œuvre ?, Centre Pompidou-Metz, mai 2010)

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    Sortie du port de Marseille en direction des îles du Frioul

    2007 - 2min. 40 - Image : Vincent Arnaud.- Production : Labo d'images. - 16 mm. Noir et blanc.

    Sortie du port de Marseille en direction des îles du Frioul fait partie d’une série cinématographique intitulée La Bobine du mois. Chaque mois, l’association Labo d’images propose à un cinéaste de réaliser un film sur la ville de Marseille. Le cahier des charges impose que le film soit tourné en une seule bobine de format 16 mm négative de 30 mètres développée par le laboratoire de l’association.

    Critique : Il fut un temps de l’histoire du cinéma où les opérateurs s’en tenaient à la contrainte frustre de la longueur de la bobine. Ce que l’on appela par la suite les Vues Lumière, du nom de leurs illustres auteurs, duraient 50 secondes au maximum (ce qui équivaut environ à 17-20 mètres de pellicule). Ces plans séquences étaient fixes, et l’opérateur économe disposait sa caméra avec science afin de pouvoir englober l’ensemble de la scène qui devait se dérouler sous sa lentille. C’est bien à ce dispositif que l’on pense en voyant Marseille s’éloigner, dans un noir et blanc granuleux qui nous rappelle que le cinéma, c’est encore de la matière.(Olivier Pierre, Catalogue du 19ème Festival International du Documentaire de Marseille, 2 au 7 juillet 2008).

    Montre oeil mon oeil (Episode d'Outrage et rebellion)

    2009 - 3min. 37 - Production : Gérard Courant, Les Amis de Cinématon. - Chanson : Dégueulasse de Élisa Point et Fabrice Ravel-Chapuis - Dessins : Damien Roudeau. - Vidéo Mini-DV. Noir et blanc et couleur.

    Les faits : Le 8 juillet 2009, la police a évacué une clinique occupée dans le centre-ville de Montreuil. Cette clinique avait pris la forme d’un centre social avec des logements, des projection de films, un accueil et des conseils aux sans papiers, des repas, une organisation collective et communautaire.

    Pour protester contre cette évacuation, des résidents et amis organisèrent un gigantesque repas dans une rue piétonne voisine : la rue du Capitaine Dreyfus.

    Après ce repas, un groupe se rendit vers la clinique évacuée, à quelques centaines de mètres de là et se trouva face-à-face avec des policiers. Ces derniers tirèrent sans sommation avec leur flash ball et une balle atteignit le comédien Joachim Gatti, fils de Stéphane Gatti et petit-fils d’Armand Gatti, en plein visage. Joachim Gatti s’effondra, le visage en sang et un œil crevé !

    Un film collectif : À la suite de cet événement et sous l’impulsion de Nicole Brenez, un collectif s’est organisé pour réaliser un film à sketches qui « révèle la répression en France, un film qui soit à la fois un hurlement, un coup, une bordée d’insultes, une analyse lucide, un manifeste extra-lucide, un poème d’amour pour la révolte, de l’extasy politique, une méditation, un baume sur les blessures, un appel à la mutinerie ». Ce film collectif a un titre : Outrage & rébellion et plus d’une quarantaine de cinéastes ont répondu à l’appel.

    Montre Œil Mon Œil est ma contribution à ce travail collectif. Le film est un hommage aux Ciné-tracts tournés durant mai 68. Il n’est fait que d’images fixes qui alternent documents photographiques des manifestations des 8 et 13 juillet 2009, BD de Damien Roudeau sur les événements montreuillois et photos de flash ball.

    Dégueulasse VI

    2009 - 5 min. Chanson : Élisa Point, Fabrice Ravel-Chapuis. - Production (film) : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. Vidéo Mini-DV. Noir et blanc.

    Dégueulasse VI est une version remixée de la chanson chantée par Élisa Point et Fabrice Ravel-Chapuis. Elle est plus longue de deux minutes que la version originale. La bande-image est la séquence finale légèrement ralentie de À bout de souffle de Jean-Luc Godard interprété par Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo. (Gérard Courant)

    24 passions

    1980-2003, extrait, 4 min. - Image générique : Richard Copans. - Montage : Elisabeth Moulinier. - Son : Jean-Daniel Bécache. - Partition sonore : Hélène Ducret, Dominique Dalmasso. -Interprétation : Les habitants de Burzet (Ardèche), Gérard Courant. - Production : Les Films d’Ici (Richard Copans), Centre National de la Cinématographie. - Super 8 mm.Couleur. Sonore.

    Chaque année,
    De 1980 à 2003,
    J'ai filmé
    Chaque Vendredi Saint
    La reconstitution du chemin de croix
    De la Passion du Christ
    À Burzet,
    Un village isolé de l'Ardèche
    Où les villageois, depuis sept siècles,
    Se costument pour y célébrer et perpétuer
    Ce rite religieux.

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    24 passions, est une de ces œuvres « sérielles » qu’affectionne le cinéaste mais, à l’inverse d’A travers l’univers, il ne s’agit plus de filmer un lieu sous toutes ses coutures mais le même évènement dans le temps. Dans un petit village de l’Ardèche (à Burzet), les habitants se costument tous les Vendredis Saints (depuis le 13ème siècle !) et reconstituent la Passion du Christ. De 1980 à 2003, Gérard Courant, armé de sa caméra Super 8, s’est rendu sur les lieux pour filmer la célébration de ce rite religieux. [...]

    Le travail d’archiviste qu’effectue encore une fois Courant force l’intérêt mais il manque peut-être un dispositif plus fort (paradoxalement) qui emporterait totalement l’adhésion. On sent que le cinéaste cherche à trouver, d’année en année, des rimes visuelles (gros plans sur le visage du Christ, même plan récurrent de la montée au Calvaire…) mais ces petits extraits de ces Passions restent finalement assez « autonomes » les uns par rapport aux autres et peut-être aurait-il fallu établir un dispositif encore plus contraignant (que ce soit en terme de durée ou de cadrages) pour que nous puissions avoir de véritables éléments de comparaisons.

    Finalement, ce qui séduit le plus, ce sont les « accidents », comme cette année 1985 où un orage empêcha la procession, obligeant Courant à se contenter d’un plan de la façade de l’église et des montagnes environnantes…

    (Docteur Orlof,  Le blog du Dr Orlof, 22 février 2010).

    Zanzibar à Saint-Sulpice

    1999 - 9 min. - Interprétation : Jacques Baratier, Catherine Baratier, Serge Bard, Caroline de Bendern, Jacques Boissonnas, Laura Duke Condominas, Gérard Courant, Alain Dister, Garcia, Patrick Deval, Caroline Garrel, Esther Garrel, Lena Garrel, Philippe Garrel, Marcel Mazé, Ester de Miro, Dominique Noguez, Jackie Raynal, Jean-Paul Sarré, Sally Shafto, Serge T, Zouzou. - Production : Gérard Courant, Les Amis de Cinématon, Les Archives de l’Art Cinématonique. - Super 8 mm. - Couleur. Muet.

    Trente ans après leur révolution poético-cinématographique, les membres du groupe Zanzibar et quelques-uns de leurs amis se retrouvent au café de la Mairie, place Saint-Sulpice à Paris.

    Zanzibar à Saint Sulpice est un court-métrage de neuf minutes qui pourrait être une sorte de version longue des portraits de groupe qu’affectionne Courant. Le groupe Zanzibar est une constellation informelle d’artistes (peintres, cinéastes, modèles…) regroupés sous cette bannière au moment de Mai 68. C’est sous ce label que furent distribués (et en partie financés par la mécène Sylvina Boissonnas) certains des premiers films de Philippe Garrel (Le révélateur, Le lit de la vierge…). 30 ans après, tous ces gens se retrouvent dans un café place Saint-Sulpice à Paris et Gérard Courant immortalise le tableau avec sa caméra Super-8. Au-delà du côté « people » (retrouver Serge Bard, Philippe Garrel, Zouzou, Jackie Raynal et les autres à la terrasse d’un café) se dessine en creux toutes les obsessions de Courant : le temps qui passe, la capacité du cinéma a fixer les instants précieux pour l’éternité, la fidélité en amitié…

    (Dr Orlof, Le blog du Dr Orlof, 21 mars 2010).

    De ma chambre d'hôtel

    1991-2010 - 4 min.  - Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. - Cinéma Super 8 mm, puis Vidéo Mini-DV. Couleur. Muet.

    De ma chambre d’hôtel est une série cinématographique qui montre, en un seul plan fixe et large (du n°1 jusqu’au n°30) puis en une vingtaine de plans fixes de toutes grosseurs (à partir du n°31) d'une durée de 3 minutes et 20 secondes, une vue (puis une vingtaine de vues à partir du n° 31) des différentes chambres d’hôtel où j’ai eu l’occasion de séjourner. Gérard Courant)

     Gérard Courant est probablement le représentant le plus radical d’un cinéma conceptuel en France. Une partie importante de sa filmographie se décline en séries qui travaillent sur l’altéralité (des gens, des lieux) à travers un système et des options esthétiques identiques d’un sujet à l’autre. Courant est un des descendants les plus purs des frères Lumière : dates, endroits et titres des films ou des fragments correspondent toujours rigoureusement à la réalité – celle des personnages (leur fonction), des lieux et des horaires de tournage. Le cinéaste, qui a été aussi journaliste, a constitué un important corpus documentaire sur divers aspects artistiques, culturels et sociaux de notre temps. (Raphaël Bassan, Encyclopaedia Universalis, 2005)

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    Couples

    1985-2010, 7 min. - Interprétation : Arrabal, Philippe Sollers, Juliet Berto, Lou Castel, Catherine Millet, Julie Delpy, Béatrice Romand, Sapho, etc. - Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. - Super 8 mm. Kodachrome. Couleur. Muet.

    Présentation : Couple est une série cinématographique de portraits filmés qui montre, en un seul plan-séquence fixe, muet et large, de 3 minutes et 20 secondes, deux personnes libres de faire ce qu’elles désirent.(Gérard Courant)

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    10 Cinématon

    1978-2010, 40 min. - Interprétation : 2319 personnalités artistiques dont Jean-Luc Godard, Sergueï Paradjanov, Wim Wenders, Jack Lang, Philippe Sollers, Juliet Berto, Jean-Paul Aron, Félix Guattari, Jean Dutourd, Pierre Gripari, Terry Gilliam, Samuel Fuller, Joseph Losey, Ettore Scola, Maruschka Detmers, Sandrine Bonnaire, Maurice Pialat, etc. - Production : Les Amis de Cinématon, Gérard Courant. - Super 8 mm. Kodachrome. Couleur (et 14 Cinématons en noir et blanc). Muet.

    Cinématon est une série cinématographique de portraits filmés montrant une personnalité des arts, de la culture, de la politique ou du spectacle, en un seul gros plan fixe et muet, dans lesquels elle est libre de faire ce qu'elle veut. (Gérard Courant)

    Avec le presse-purée électrique, la bombe atomique, la Mariée mise à nu par ses célibataires même, le cinéma sans images et l’orange sans pépins, les Cinématons sont, à l’évidence, une des inventions majeures du XX e siècle. Louons-en à jamais leur fondateur et tressons-lui une dernière couronne de périphrases méritées : salut donc à toi, ô Nadar du super 8, ô grand ordonnateur de nos pompes pas encore funèbres, ô Saint-Simon visuel de cette fin de siècle, ô Jivaro de nos têtes ! (Dominique Noguez, Éloge du cinéma expérimental, éditions Paris expérimental, 2000)

    Gérard Courant est fou. Voilà dix ans qu'il filme en plan fixe et pendant quatre minutes, ceux et celles qui acceptent de se prêter au jeu. Dans le livre qu'il vient, non pas d'écrire, mais de mettre en images, mille portraits défilent sous nos yeux, mille « cinématonés », célèbres ou inconnus, mille instantanés assortis d'un petit commentaire de l'auteur, avec le jour et l'heure ou ça s'est passé. On peut trouver ça horripilant, inutile, prétentieux. Mais l'obstination de Gérard Courant a quelque chose de troublant. Un homme qui consacre sa vie à filmer ses contemporains ne peut pas être un bouffon. En feuilletant Cinématon, en regardant ces visages, enconsultat les statistiques insensées des dernières pages, on est effectivement partagé entre l'irritation et le vertige. Irritation car on ne comprend pas pourquoi une entreprise à priori aussi gratuite, aussi dérisoire peut à ce point mobiliser une existence. Vertige, parce que cette même irritation provoque au bout du compte une espèce d'ivresse métaphysique. Cinématon est une négation du temps qui passe. Le présent y est pétrifié, enfermé dans la prison d'une simple photographie.

    Cinématon est une œuvre d'art.

    Starfix 80 / janvier 1990 à l'occasion de la sortie du livre Cinématon (éd Henri Veyrier).