Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

joseph morder

  • Regard croisées au cinéma Mercury les 31 mars et 1er avril

     Joseph Morder — Rita Azevedo Gomes

    Une vision contemporaine de la toile peinte comme décor de cinéma.

    31 mars et 1er avril 2017 au cinéma Mercury à Nice

    Morder Gomes.png

    Regard Indépendant et Cinéma sans Frontières vous proposent de découvrir deux films et de rencontrer deux cinéastes qui, après la projection, apporteront un éclairage sur leur propre film et sur celui de l'autre. Les adhérents pourront rencontrer Joseph Morder et Rita Azevedo Gomes autour d’un verre, samedi 1er avril, dans l’après-midi.

    Joseph Morder, filmeur inlassable, auteur d’un millier de films de tous formats, tous supports, tous  genres, mais surtout, expérimentateur hors de tous les sentiers battus, nous fait l’honneur de revenir à Nice pour accompagner son film La duchesse de Varsovie. Un film follement audacieux qui nous emporte dans une mise en scène virtuose où se mêlent et se démêlent fiction et Histoire par la grâce de l’histoire du cinéma.

    Rita Azevedo Gomes est une femme de cinéma. Tour à tour réalisatrice, scénariste, monteuse, costumière, productrice, elle a occupé presque tous les postes clés indispensables à la fabrication d'un film. La vengeance d’une femme est le fruit de toutes ces expériences dans un exercice poétique d’une rare intensité qui est aussi une déclaration d’amour au cinéma.

    Vendredi 31 mars 2017 à 20h30

    La duchesse de Varsovie, un film de Joseph Morder – France – 2015 – 1h26 – avec Alexandra Stewart et Andy Gillet.

    Valentin est un jeune peintre qui vit dans le monde imaginaire de ses tableaux. Lorsqu’il retrouve sa grand-mère Nina, une émigrée juive polonaise dont il se sent très proche, il lui confie son manque d’inspiration et sa solitude. Au fil de ces quelques jours passés ensemble dans un Paris rêvé, Valentin exprime de plus en plus le besoin de connaître le passé que Nina a toujours cherché à dissimuler.

    Samedi 1er avril 2017 à 20h30

    La vengeance d'une femme, un film de Rita Azevedo Gomes – Portugal – 2014 – 1h40 – vostf – avec Rita Durão, Fernando Rodrigues, Isabel Ruth, Hugo Tourita, Duarte Martins, Francisco Nascimento, Maria Carré...

    Dandy pour certains, libertin pour d’autres, Roberto se dérobe sans cesse à ceux qui veulent l’approcher. Il est en vérité victime d’un ennui profond, l’ennui de celui qui a déjà épuisé tous les bonheurs de la vie. Un soir, il rencontre la bouleversante Duchesse de Sierra Leone. Elle lui raconte son passé et lui confesse un crime scandaleux.

    Cinéma Mercury, 16 place Garibaldi, 06300 Nice

    Entrée : 7,50 € non adhérents, 5 € adhérents CSF / Regard Indépendant et toute personne bénéficiant d’une réduction au Mercury.

  • "L'arbre mort" de Joseph Morder - Un texte de Josiane Scoleri

     Tourné en 1987, L'arbre mort de Joseph Morder sera présenté pour la première fois à Nice ce samedi 18 janvier 2014 en présence du réalisateur. Gérard Courant, l'ami de longue date, sera également présent pour Le journal de Joseph M., documentaire de 1999 qui lui est consacré.

    Séances à 18h00 et 20h30 – Cinéma Mercury – 16 place Garibaldi – Nice

    L'arbre mort de Joseph Morder

    Un film en blanc, bleu, noir avec quelques touches de rouge

    Texte de Josiane Scoleri – Cinéma Sans Frontières

    Avec L'arbre mort, nous sommes transportés dans la Côte d'Azur mythique, telle qu'elle restera à jamais gravée dans la mémoire de tous les cinéphiles, entre Belle Époque et films de Hitchcock.Nous sommes en même temps dans les mélodrames hollywoodiens de la grande époque, chez Douglas Sirk ou Vicente Minelli, Couples flamboyants, belles dames énigmatiques et si élégantes, Décorum un rien guindé des belles demeures où évoluent comme dans un aquarium des familles distinguées et  délicatement décadentes... Tous les lieux du films ont cette aura de « luxe, calme et volupté » qui rima longtemps avec French Riviera.. Et pourtant le film a été tourné en super 8, comme on imaginerait un rejeton inattendu de l'Arte Povera au cinéma...

    Joseph Morder se plait à jouer avec les codes et à déjouer l'attente du spectateur. D'abord, par la non- linéarité du récit, et là nous sommes dans l'anti -Hollywood par excellence. Nous ne savons pas  toujours si nous sommes dans le récit au présent ou dans celui de la mémoire ; Ensuite par un remarquable travail sur le son, la voix off et les dialogues, souvent en décalage. La voix off se superpose volontiers aux dialogues et les rend inaudibles ou presque. Et tout est dans ce « presque. ». qui renforce l'atmosphère de chaque scène en frustrant le spectateur qui espère un instant, par un regain d'attention, combler les lacunes ou les ellipses grâce aux échanges entre les personnages. Sans oublier l'intermède musical quelques part au milieu du film. Joseph Morder aime les voix de femmes et les chansons d'amour qui finissent mal dans les cabarets enfumés.

    Mais peut être L'arbre mort est -il avant tout,un film sur la couleur et la lumière. Là encore, nous sommes sur la Côte d'Azur élue de tous les peintes du début du siècle :Matisse, Bonnard ou Dufy pour citer d' entrée de jeu les grands coloristes. Certains plans sont d'ailleurs directement inspirés de ces tableaux qui ont fait de la lumière leur véritable matière(cf la lecture de la lettre derrière les persiennes ou les scènes sur la Promenade des Anglais). Et très naturellement, avec cette sensibilité d'un homme qui a grandi dans le grand Sud, Joseph Morder joue avec subtilité des contrastes entre l'ombre et la lumière et va jusqu'à créer des ambiances de pénombres intimistes tournées à contre-jour (nous sommes très loin d' Hollywood dans la forme et pourtant si près de l'esprit du mélodrame déployant tous ses artifices pour que la pellicule vibre du magnétisme qui traverse les couples seuls au monde, entièrement absorbés d' eux mêmes).

    Laura presque toujours en blanc, Jaime en noir dans les bleus de la mer et du ciel. Le film offre une palette réduite qui revient comme un leit-motiv et contribue fortement à l'unité formelle du récit... Les plans fixes se succèdent rapidement, les clins d'oeil au cinéma aussi. Le super 8 ,de par ses contraintes propres, accentue le côté livre d'images ou faux film d'amateur. Et le puzzle prend forme peu à peu sous nos yeux. Et la Côte d'Azur devient le lieu de toutes les escales comme de la destination finale, quelque part en Amérique latine, dans une fluidité sans faille. 

    C'est là que le rouge va entrer en scène. Rouge de la passion amoureuse bien sûr, (d'ailleurs la jeune fiancée délaissée porte une robe bleu un peut éteint à pois blanc) mais aussi - et de manière plus surprenante – rouge de l'ardeur révolutionnaire.. Cette trame tardive vient ajouter une dimension totalement inattendue à ce qui était jusqu'ici la belle histoire stylisée d'un coup de foudre. La narration acquiert une profondeur soudaine et introduit pour la première fois des personnages autres, qui n'appartiennent pas au cénacle. D'abord l'ami en rupture de ban qui s'est retiré du monde et qui porte d'ailleurs un pull rouge – c'est la première fois que cette couleur apparait à l'écran - puis les domestiques qui sont les premiers à connaître la nouvelle du coup d’État et à l'annoncer aux maîtres.

    Arbre mort 02.png

    Le réel qui avait été si minutieusement tenu à l'écart fait violemment irruption avec le texte du communiqué de presse diffusé à la radio. A la fois grotesque et sinistre, il pourrait parfaitement être celui de Pinochet ou de Videla au moment du putsch, dans leur obsession de l'ordre et de la morale catholique. Tout d'un coup le film bascule et s'accélère, L'espace d'un instant nous ne savons pas à quelle bifurcation, à quel retournement nous allons avoir droit. Mais nous pouvons faire confiance à Morder. Il tient bon la barre et veille au grain. Bien vite nous retrouvons nos deux amants qui courent éperdus, elle en rouge, lui en noir. Des retrouvailles oh combien romantiques,certes mais s'agit-il d'une fuite, sont-ils en danger ? Des coups de feu retentissent, Nous sommes au cimetière, la mort rôde.  L'arbre mort prend des faux airs de film à suspens sur toile de fond politique, qui l'eut cru? La maestria du réalisateur est tangible dans cette rupture de rythme aussi soudaine que fugace, car très vite tout s'apaise. Le mélodrame reprend tous ses droits. Les amants se sont retrouvés pour ne plus se quitter. La voie de l'amour est libre.

    Et pour boucler la boucle, la scène finale est le contre-point parfait de la si belle scène dans la chambre aux volets clos : à une lettre d'amour conjugal raisonnable et prévisible lue dans un intérieur douillet protégé d'une trop forte lumière et d'une trop grande chaleur répond une lettre de rupture plutôt froide lue dans la grisaille d'un square parisien. Sous ses airs modestes, L'arbre mort se révèle être une grande et subtile leçon de cinéma.

  • Carte blanche à Regard Indépendant pour les 10 ans de Cinéma Sans Frontières

    L'association Regard Indépendant sera l'hôte de Cinéma sans Frontières au Cinéma Mercury (16 place Garibaldi à Nice) pour une carte blanche autour du film El Cantor de Joseph Morder le vendredi 27 janvier à 20h30.

    El Cantor, Un film de Joseph Morder – 2005 – France - 35 mm – 1,85 - Dolby SR - Scénario : Harold Manning et Joseph Morder - Chef opérateur image : Catherine Pujol - Avec Lou Castel, Luis Rego, Françoise Michaud, Pierre-François Desgeorge, Taila, Abrahem Leber, Solange Najman, Rosette et Alexandra Stewart.

    À la grande surprise de William, son cousin Clovis, qu'il n'a pas revu depuis une trentaine d'années, arrive de New York pour lui rendre visite. Les retrouvailles entre les deux hommes font naître mille souvenirs: toujours aussi complices, ils deviennent vite inséparables, revivant, l'espace d'un instant, leurs jeunes années… Seule Elizabeth, épouse de William, qui vient de perdre son père, ne partage pas leur gaieté.
    Pourtant, peu à peu, le charme de Clovis, descendant d'une lignée de célèbres cantores, gagne tout le monde, y compris Elizabeth. Et s'il n'était pas rentré en France uniquement pour revoir son cousin? Et si la flamme des vieux chants yiddish, ceux de son père et de son grand-père, s'était soudain ravivée? Entre humour et nostalgie, Clovis tente de renouer avec son passé et ses racines, redevenant, pour quelques jours, el cantor…


    Joseph Morder, le réalisateur :


    Né le 5 octobre 1949 à Port-of-Spain (Trinidad et Tobago), Joseph Morder passe la plus grande partie de son enfance à Guayaquil (Equateur), avant de débarquer à Paris en 1962. Il gardera de ce passé sud-américain des images colorées qui influenceront son œuvre.
    En 1967, il débute son Journal Filmé, qu’il poursuit aujourd’hui. Depuis 1970, avec les Archives Morlock, il fixe sur pellicule toutes sortes de manifestations (1er Mai, campagnes électorales, grands chantiers...). Journalisme (« Cinéma ») et enseignement de cinéma (Paris I, Femis) font également partie de ses activités.
    En parallèle, il enrichit son travail narratif en utilisant son expérience personnelle et ses souvenirs au travers de films courts (Carlota, La Plage, La Gare de..., Assoud le Buffle) et de formats plus longs (Mémoires d’un Juif Tropical, L’Arbre Mort, Romamor) de tous genres. El Cantor est son premier long métrage en 35mm tourné pour le cinéma.